«Faut dire 200.000»: Comment les chiffres du rassemblement pro-Fillon ont été gonflés

PARIS La place du Trocadéro ne peut pourtant contenir que 45.000 personnes d’après la police…

20 Minutes avec agence

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Le rassemblement en faveur de François Fillon le 5 mars place du Trocadéro à Paris
Le rassemblement en faveur de François Fillon le 5 mars place du Trocadéro à Paris — Thibault Camus/AP/SIPA

Un micro resté ouvert sur la tribune du rassemblement de soutien à François Fillon, ce dimanche au Trocadéro (Paris), a permis d’en apprendre un peu plus sur les coulisses des déclarations faites avant l’arrivée de l’ancien Premier ministre.

Ainsi, quand le sénateur de Vendée Bruno Retailleau a solennellement annoncé à la foule « Vous êtes plus de 200.000 », c’est parce que, peu de temps auparavant, une conversation avait eu lieu, conclue par un énergique « Faut dire 200.000, faut dire 200.000 ».

La place ne pourrait accueillir que 45.000 personnes

Les sons captés par ce micro que les intéressés ne savaient pas ouvert ont été relayés ce lundi dans Quotidien et sur la page Facebook du programme de TMC. L’émission note au passage que les participants au rassemblement de dimanche tenaient tous sur la place du Trocadéro, qui ne peut pourtant contenir que 45.000 personnes d’après la police. D’autres indiscrétions montrent les contraintes auxquelles ont été soumis les organisateurs.

« En fait il veut parler à 15h30, donc il va falloir supprimer des discours », entend-on ainsi, suivi de « Alexandra, supprime Alexandra ». Une référence à l’adjointe Alexandra Dublanche, membre de l’équipe de campagne, qui a pourtant prononcé son discours. En effet, le micro a enregistré un des responsables prévenir que sans l’adjointe au maire de Sartrouville (Yvelines), « il n’y a pas de femme ».

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« On peut pas supprimer Eric Ciotti et Luc Chatel », représentants du courant sarkoziste, explique aussi Jérôme Chartier, le porte-parole de la campagne du député de Paris. Les deux hommes politiques ont donc bel et bien fait leur intervention derrière le pupitre. Et c’est finalement avec sept minutes de retard que François Fillon a pris la parole.