Benoît Hamon, candidat socialiste, en meeting à Bastia le 6 mars 2017.
Benoît Hamon, candidat socialiste, en meeting à Bastia le 6 mars 2017. — YANNICK GRAZIANI / AFP

PRESIDENTIELLE

Benoît Hamon s’agace de la «confusion» qui entoure la campagne électorale

Benoît Hamon s'en prend aux programmes de ses concurrents…

Trop, c’est trop pour Benoît Hamon. Le candidat socialiste, en déplacement à Bastia, a renvoyé lundi dos à dos François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
« Je suis très marqué par la confusion de cette campagne, à droite, à l’extrême droite et au centre », a-t-il déclaré lors d’une réunion publique.

Benoit Hamon pointe du doigt l’incohérence dans les programmes de ses adversaires. Déplorant que les grands sujets « soient laissés de côté » , il a critiqué « la droite qui veut restaurer l’autorité de l’Etat et passe son temps à la saper ». Le candidat PS a notamment dénoncé les projets de réduire le nombre des fonctionnaires et de diminuer le budget de l’Etat.

Attaques ciblées

Devant quelque 400 personnes réunies à la salle polyvalente du quartier populaire de Lupino, le candidat PS a eu un mot, ou plutôt une attaque, pour chacun de ses opposants. Il a commencé par ironiser sur la campagne de François Fillon, « qui nécessite de se tenir au courant heure par heure ». Benoît Hamon a ainsi jugé « incroyablement régressif pour une démocratie que de ne faire campagne que sur les déboires de François Fillon ». Une situation qui selon lui « préparera, tôt ou tard, l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir ».

François Hollande avait, plus tôt dans la journée, fait part de ses inquiétudes quant à la possible victoire de la candidate FN aux prochaines élections. Benoît Hamon lui non plus n’écarte pas cette hypothèse. « Celui qui peut dire que Marine Le Pen ne gagnera pas, je lui dis de s’instruire de l’expérience récente », a-t-il dit après avoir évoqué la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Estimant que « le risque est très grand », il a dénoncé « cette forme d’isolement qui nous mettrait seuls face aux autres pays d’Europe ».

Dernière cible dans la ligne de mire du soldat Hamon, Emmanuel Macron. Traité tout d’abord de « candidat chimère qui contribue aussi à la confusion de la campagne », le dirigeant de « En marche » est accusé de démissionner face à l’école de la République en voulant permettre aux écoles de recruter elles-mêmes leurs enseignants ou de fixer les rythmes scolaires. « Cela rompt le principe fondamental d’égalité des enfants et les grands principes de la République », a souligné l’ancien ministre de l’Education de François Hollande.

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Rappelant sa proposition de recruter 20.000 enseignants supplémentaires, Benoît Hamon a ajouté que « l’éducation est la grande question des années à venir et l’idée de placer le libéralisme au cœur de l’école de la République n’a pas sa place ».