Benoît Hamon veut «augmenter la part de remboursement de la Sécu» pour certains soins

SANTE Le candidat socialiste à la présidentielle a indiqué mardi qu'il voulait modifier le financement de l'hôpital et revenir en partie sur la tarification à l'activité...

20 Minutes avec AFP

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Le candidat à la présidentielle Benoît Hamon (PS), le 21 février 2017, lors d'un grand oral organisé par la Mutualité française au Palais Brongniart à Paris.
Le candidat à la présidentielle Benoît Hamon (PS), le 21 février 2017, lors d'un grand oral organisé par la Mutualité française au Palais Brongniart à Paris. — AFP

« On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise. C’est la raison pour laquelle j’introduirai une modification du financement de l’hôpital demain », a déclaré sur Europe 1 Benoît Hamon avant d’exposer dans la matinée ses propositions en matière de santé lors d’un « grand oral des candidats » organisé par la Mutualité française au palais Brongniart à Paris.

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« Ça va mal à l’hôpital », a-t-il souligné. Les personnels soignants et administratifs « vont mal parce qu’ils ont une surcharge de travail ». « Cette surcharge de travail est en partie liée à la manière dont est financé et fonctionne aujourd’hui l’hôpital », a-t-il affirmé. « Il fonctionne selon la tarification à l’activité. On multiplie les actes pour obtenir un bon financement de l’hôpital », a développé le candidat, préconisant « une modification » de ce système.

« Si un certain nombre d’actes doivent continuer à être financés de cette manière-là, je pense qu’il faut introduire une notion de financement forfaitaire », a-t-il précisé.

« Augmenter la part de remboursement de la Sécurité sociale »

Hamon estime également qu'« il faut augmenter la part de remboursement de la Sécurité sociale » pour les soins dentaires, d’optique et les prothèses auditives. Elle est aujourd’hui ridicule et finalement elle est essentiellement à la charge des complémentaires santé, ce qui fait que non seulement les tarifs sont élevés, mais qu’on est plus ou moins bien protégés selon qu’on a une bonne mutuelle ou pas ».

Le candidat socialiste a par ailleurs plaidé pour « une politique drastique de réduction des pesticides, de lutte contre les perturbateurs endocriniens, car ils sont responsables de diabète, de maladies cardiovasculaires et de cancers nombreux », a-t-il dit.

Au palais Brongniart, il a annoncé vouloir sortir du « régime dérogatoire » qu’est celui de l’AME (aide médicale d’état, réservée aux immigrés en situation irrégulière) en l’intégrant à la protection universelle maladie, et automatiser « l’accès aux droits pour la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) ou l’aide à la complémentaire santé pour les plus pauvres », une « priorité », selon lui.

« Elargir l'ensemble des aides publiques »

Par ailleurs, il souhaite élargir à terme l’ensemble des aides publiques à la complémentaire santé, notamment fiscales, « aux fonctionnaires, retraités et étudiants qui n’en jouissent pas », quitte à envisager « une contribution supplémentaire (…) de la dépense publique » sans diminuer les aides existantes pour les salariés.

Face aux prix exorbitants de certains médicaments, Hamon n’exclut pas de recourir à la licence d’office, « l’arme ultime » pour « générer une molécule » (produire des génériques) dès lors que les prix du marché « ne correspondent pas à la réalité des coûts de production », a-t-il conclu.