Presidentielle: Emmanuel Macron veut interdire aux délinquants l’accès à certaines zones

DÉLINQUANCE Afin de lutter contre la délinquance dans les quartiers, le candidat à l'élection présidentielle souhaite donner à la police un pouvoir d’injonction d’interdiction dans certaines zones...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron le 17 fevrier à Carpentras.
Emmanuel Macron le 17 fevrier à Carpentras. — FRANCK PENNANT / AFP

Emmanuel Macron s’attaque au sujet épineux de la délinquance en France. Jeudi 16 février il a proposé de confier à la police un « pouvoir d’injonction d’interdiction du territoire ». Avec le contrôle d’un juge, les policiers pourront donc interdire à des personnes de se rendre dans certaines rues ou secteurs. L’injonction vise en particulier les « points de deal ». « Je proposerai que les policiers puissent délivrer des injonctions, sous le contrôle du juge de la liberté, interdisant à un individu de fréquenter le quartier, la rue, le groupe d’immeubles où il a l’habitude de commettre ses incivilités », a-t-il précisé.

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Une mesure figurant dans le programme de l’ancien ministre de l’Economie, présenté jeudi à Carpentras. « Je veux que la police ait les moyens de faire cesser rapidement les actes d’incivilités qui empoisonnent la vie quotidienne des Français : les dégradations d’immeubles, les menaces, les intimidations », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Lorsque des jeunes, ou moins jeunes, intimident, sèment la terreur et empêchent par exemple à des femmes de s’asseoir à une terrasse d’un café, lorsque les jeunes organisent un trafic au pied d’un immeuble, il est très difficile de les sanctionner pour les forces de l’ordre ».

Une loi qui devra être votée

Une mesure choc, mais selon le candidat : « Tout à fait conforme à nos lois et à la Constitution » et nécessitera simplement « un aménagement de la procédure pénale ». Une loi qui devra en fait être votée par le Parlement. Emmanuel Macron n’est pas le seul à avoir eu cette idée. Le Front national propose dans son programme une mesure similaire : « L’injonction civile d’éloignement ».

Toujours dans l’objectif de lutter contre la délinquance, le candidat souhaite « développer des circuits courts de sanction » pour les infractions « simples » comme « le vol à l’étalage ou l’usage decannabis ». Par exemple, en cas d’interpellation par un policier sur la voie publique, « l’individu devra être sanctionné immédiatement », notamment via des amendes « d’au moins 100 euros ».