Jean-Christophe Cambadélis et Manuel Valls à Tours lors de la 6e université de l'engagement du PS, le 22 octobre 2016.
Jean-Christophe Cambadélis et Manuel Valls à Tours lors de la 6e université de l'engagement du PS, le 22 octobre 2016. — WITT/SIPA

POLITIQUE

Présidentielle: Les leaders socialistes brandissent la menace d’une gauche «pulvérisée» dès le premier tour

Le Premier ministre, le patron du PS ou encore le leader des députés PS ont tiré la sonnette d’alarme ce samedi face au risque d’élimination dès le premier tour de la présidentielle…

Sauve-qui peut au sein de la majorité socialiste. Interviews, discours… Ce samedi, les ténors de la gauche gouvernementale ont multiplié les messages alarmistes et appels au rassemblement pour tenter d’éviter la catastrophe annoncée par les sondages d’opinion : l’élimination de tous les candidats de gauche dès le premier tour de la présidentielle en avril prochain*.

« S’il [François Hollande] n’est pas notre candidat, la gauche sera éliminée »

Dès ce samedi matin, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Camabadélis a donné le ton avant l’ouverture de la sixième « université de l’engagement » organisée par le Parti socialiste à Tours (Indre-et-Loire) : « A cette étape aucun candidat putatif, quel qu’il soit, ne semble pouvoir battre la droite. Et même passer le premier tour. C’est grave ! » a-t-il déclaré, dans un entretien accordé à la Nouvelle Répulique, appelant de ses vœux une « une primaire pour surmonter tout cela ». « Elle permettra de se rassembler autour d’un candidat ou d’une candidate qui soit capable de diriger le pays dans un moment de tension sociale, d’interrogation sur la République et de guerre contre le terrorisme ».

Même ton alarmiste du côté du président du groupe socialiste à l’Assemblée Bruno Le Roux : « S’il [François Hollande] n’est pas notre candidat, il y aura un émiettement, un éclatement et la gauche sera éliminée du 2ème tour de la présidentielle. Je lance ce signal d’alarme, parfaitement compris par beaucoup de députés. Ils savent pertinemment que lorsque le président est attaqué, c’est le travail de la majorité qui est atteint. Ils sont plus de la moitié à se mobiliser pour une candidature Hollande », a affirmé le député de Seine-Saint-Denis, dans une interview à paraître dans l’édition de dimanche du journal La Provence.

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« Réagir maintenant pour ne pas mourir demain »

Ce samedi soir, c’est le chef du gouvernement lui-même qui s’est fait l’écho de cette analyse devant 200 militants socialistes réunis à Tours : Manuel Valls a appelé la gauche à « réagir, réagir vite, réagir pour cesser de subir, réagir maintenant pour ne pas mourir demain »… et pour faire mentir les sondages.

« La gauche est la seule force capable de rassembler largement les Français au-delà des camps habituels. Ce sera l’enjeu du second tour. Nous devons y être, rien n’est acquis », a martelé Manuel Valls avant de lancer un appel au rassemblement de la gauche. « Je demande à Arnaud (Montebourg), Emmanuel (Macron), Benoît (Hamon), Aurélie (Filippetti) : qu’est ce qui nous sépare ? », s’est interrogé le Premier ministre, nuançant ainsi son analyse d’il y a huit mois sur les « positions irréconciliables à gauche ».

Enfin, alors que le traumatisme provoqué par les confidences de François Hollande publiées dans le livre Un président ne devrait pas dire ça… se prolonge - et que certains, à l’instar de Bruno Le Roux soutienne une option Valls si François Hollande renonçait à se présenter - le Premier ministre a avancer ses pions tout en appelant à la « loyauté ». « Mon rôle, c’est de rassembler », a-t-il lancé. « Unité d’abord, loyauté ensuite, courage enfin », a-t-il conclu.

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* Selon le dernier sondage BVA-Salesforce publié vendredi et en fonction des configurations, à ce stade, ni François Hollande (entre 9 % et 13 % d’intentions de vote), ni Jean-Luc Mélenchon (entre 12,5 % et 14 %), ni Emmanuel Macron (entre 11 % et 14 %), ni Arnaud Montebourg (entre 9 % et 10 %) ne parviendrait à se qualifier pour le second tour, tous restant loin derrière Marine Le Pen, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy.