Elections régionales: Comment Le Drian va-t-il jongler entre la Défense et la Bretagne?

ELECTIONS Le socialiste a très largement remporté le second tour des élections régionales…

C.A. avec AFP

— 

Jean-Yves Le Drian ici dans son QG à Rennes au soir du second tour des régionales.
Jean-Yves Le Drian ici dans son QG à Rennes au soir du second tour des régionales. — Damien Meyer / AFP

Elu en 2004 à la tête de la Bretagne, Jean-Yves Le Drian avait dû laisser la présidence à Pierrick Massiot en 2012 lors de sa nomination au gouvernement pour respecter la loi sur le non-cumul des mandats. Trois ans plus tard, la question ne se pose plus…

« Difficile de dire : tu arrêtes »

Largement élu dimanche soir en Bretagne, le ministre de la Défense a clairement fait savoir qu’il cumulerait les deux fonctions. « En ce moment il y a une situation particulièrement dramatique, tragique, tendue et en période d’état d’urgence il est difficile pour le président de la République de dire à son ministre de la Défense : tu arrêtes », a-t-il relevé lundi matin sur RTL.

Interrogé dès dimanche soir sur son cumul, l’ancien maire de Lorient s’était voulu rassurant. « La gestion de mon agenda est personnelle. Mais ne vous inquiétez pas, vous me verrez en Bretagne », avait-il déclaré. « J’ai auprès de moi à Rennes une équipe qui est prête à assurer la complémentarité de mes fonctions », avait-il ajouté.

Ce lundi matin, c’est sur sa présence à la Défense qu’il a dû se justifier. « Je ne serai pas ministre de la Défense à mi-temps, je serai ministre de la Défense dans la plénitude de mes fonctions », a-t-il répété à RTL. Pris le mercredi à Paris donc, le ministre pourrait privilégier les fins de semaine pour revenir dans la région, comme il l’a fait depuis sa prise de fonction en 2012. Les sessions du conseil régional se déroulent traditionnellement le jeudi et le vendredi.

Critiqué par ses opposants pour ce cumul que les socialistes ont tant dénoncé, le futur président de la région s’est appuyé sur ses résultats pour prouver sa légitimité à gouverner. « Les Bretons ont voté pour moi en toute connaissance de cause. J’ai annoncé la couleur très clairement », a-t-il dit.

Valls ne veut pas du cumul

Jean-Yves Le Drian avait annoncé qu’il assumerait les fonctions de président de région s’il était élu, quitte à devoir quitter la Défense. Les événements du 13 novembre ont toutefois changé la donne. « La décision appartient au président de la République », a-t-il déclaré dimanche.

Le Breton n’a en tout cas pas reçu le soutien du Premier ministre Manuel Valls, qui a déclaré lundi qu’on ne peut pas être président de région, maire d’une grande ville, et être membre du Gouvernement », a-t-il déclaré sur BFM TV. Ce sera au président de la République François Hollande de trancher. Et Le Drian, tout à la fois son ministre le plus populaire et celui qui lui a apporté sa victoire la plus éclatante dimanche, fait partie de son premier cercle.