Elections régionales: Comment la droite a pris une fessée en Bretagne

ELECTIONS La liste de Marc Le Fur n'a pas dépassé 30% au second tour...

Camille Allain
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Bernard Marboeuf, tête de liste en Ille-et-Vilaine, et Marc Le Fur, tête de liste aux régionales en Bretagne pour la droite et le centre.
Bernard Marboeuf, tête de liste en Ille-et-Vilaine, et Marc Le Fur, tête de liste aux régionales en Bretagne pour la droite et le centre. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Alors que depuis dimanche, la droite, la gauche et l’extrême droite se renvoient la balle pour savoir qui est le grand perdant du scrutin régional, la question ne se pose même pas en Bretagne. Avec 51 % des voix, la liste de Jean-Yves Le Drian a atomisé le scrutin local. Le ministre de la Défense est le seul candidat à réaliser plus de 50 % (si on omet les deux duels). Le FN y réalise l’un de ses pires scores au niveau national avec 18,87 %. Mais le parti frontiste fait son retour au conseil régional et comptera douze élus.

La victoire de la Droite et du centre dans 7 régions atténue la déception de voir la Bretagne rester aux mains des mêmes.
— I.Le Callennec (@lecallennec) 13 Décembre 2015

Les grands perdants de ce scrutin, ce sont surtout la droite et le centre, qui reçoivent une véritable fessée en ne recueillant que 29,5 % des suffrages. « C’est une immense déception pour nous et pour Marc Le Fur », lâchait dès dimanche Isabelle Le Callennec, porte-parole du candidat de la droite. « Je suis déçue parce que cette élection n’a pas eu le retentissement que l’on espérait », avance la députée de Vitré.

« Victimes d’une double nationalisation »

Au lendemain du scrutin, la plupart des responsables évoquent « le contexte particulier » de l’élection pour expliquer la défaite. « Nous avons été victimes d’une double nationalisation de la campagne : la nationalisation du fait des propos du FN - mais ça, c’était un peu partout pareil dans toute la France - et la nationalisation du fait des circonstances », a lâché Marc Le Fur. Le député n’aura surtout pas réussi à capter l’électorat centriste, très présent dans la région, selon le politologue Romain Pasquier.

« Qui d’autre à sa place ? »

Invité sur les plateaux de télévision dimanche, le député des Côtes d’Armor semblait abattu. « Marc Le Fur a fait une bonne campagne. Je ne voyais pas de meilleur candidat à droite et au centre. Qui d’autre à sa place ? C’est notre programme qui n’a pas été entendu », poursuit Isabelle Le Callennec.

#Régionales2015 Bretagne : Le Drian (51,3 %) devant Le Fur (29,5 %) et Pennelle (19,2 %) https ://t.co/2RW0gnCBpk pic.twitter.com/SbLDlowqh5
— France Bleu (@francebleu) 13 Décembre 2015

L’opposition bretonne va devoir faire le point sur la stratégie à mener pour espérer, un jour, reconquérir la région. Et se posent déjà les questions de l’union sacrée entre les centristes et les Républicains. Avant le scrutin, le candidat Marc Le Fur avait en effet été lâché par l’UDI, qui lui reprochait d’avoir choisi ses colistiers. « Nous devons être clairs sur nos valeurs. Je constate que quand le message est clair et précis, il fonctionne », témoignait dimanche le député UDI Thierry Benoit, comme un hommage au succès de Le Drian.