Élections régionales : En Ile-de-France, des QG sous tension jusqu’à la dernière minute

ELECTIONS L'Ile-de-France, première région de France, gérée par la gauche depuis 17 ans, est tombée dans l'escarcelle de la droite avec la victoire de la liste menée par Valérie Pécresse...

Romain Lescurieux

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Claude Bartolone (g) et Valérie Pécresse, lors d'un débat télévisé pour les élections régionales, le 9 décembre 2015
Claude Bartolone (g) et Valérie Pécresse, lors d'un débat télévisé pour les élections régionales, le 9 décembre 2015 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

« Enfin », lâche Oliver, 33 ans, devant le QG de campagne de Valérie Pécresse, rue de Turin, dans le 8eme arrondissement, ce dimanche soir. Après huit mois de campagne, l’ex-ministre Valérie Pécresse (droite) l’emporte en Ile-de-France face à Claude Bartolone (PS) au second tour des élections régionales. Elle obtient entre 43,2 % et 44 % des voix, tandis que le président de l’Assemblée nationale réalise un score entre 41,8 % et 42,9 %. Mais l’incertitude a été vive jusqu’à la dernière minute.

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« On ne sent plus grand-chose. Ça va être très serré »

En début de soirée, la décontraction était de mise dans les bureaux de Claude Bartolone dans le 14e arrondissement. Les sympathisants amassés devant la télévision applaudissent alors l’échec du FN. Les poignées de main s’échangent avec des sourires. Pourtant, très vite, vers 20h15, l’ambiance devient plus lourde. Certains sympathisants socialistes ne préfèrent plus se positionner. « On ne sent plus grand-chose », affirme Raphaëlle, 40 ans.

« C’était une campagne très violente. Donc c’est dur de se projeter. Il y a eu des guerres de personnalités, des guerres de territoires. Ça va être serré », tient-elle à rappeler. Quelques minutes plus tard, le couperet tombe et le temps s’arrête.

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« Le travail de terrain ça paye »

Les premières estimations donnent Valérie Pécresse en tête. Il n’y a plus un bruit dans la pièce. Les visages s’alourdissent. Certains sortent les calculettes. Ils évoquent Claude Bartolone et Valérie Pécresse, à égalité (43 %) « sans Paris ». « On y croit, ça va le faire », entend-on dans les couloirs. Pourtant, dans le 9eme arrondissement, le champagne commence à être débouché.

« Le travail de terrain ça paye. Ce n’est pas avec des petites phrases assassines qu’on gagne une région. affirme Olivier, enroulé dans son écharpe. « On gagne quand on sait ce que l’on veut d’une région et ce qu’on va pour elle en améliorant le quotidien », ajoute ce militant sur un trottoir bondé. Valérie Pécresse se présente à la fenêtre de son QG et salue la foule qui entonne la Marseillaise.

« Je serai la présidente de tous les Franciliens »

« Ce soir, vous avez choisi d’apporter la majorité des suffrages au changement en Ile-de-France », a déclaré dans la foulée l’ancienne ministre. « Je serai la présidente de tous les Franciliens », a-t-elle promis dans un « engagement solennel », désignant « la sécurité et l’emploi » comme ses « priorités immédiates ».

« Je n’oublierai personne, je n’oublierai aucun territoire, je serai une femme libre, ni la femme d’un camp, ni celle d’un parti ou d’un lobby, je serai une républicaine intransigeante pour lutter contre toutes les formes de communautarisme », a-t-elle promis. Les sympathisants, eux, sont ravis.

« C’est une femme qui mène les combats jusqu’au bout »

« C’est très mérité. Elle va conduire la Région avec beaucoup d’efficacité. C’est une femme qui mène les combats jusqu’au bout », sourit Corinne, 60 ans. A côté, Didier, 65 ans, félicite ce basculement de la région à droite. « L’alternance n’est jamais une mauvaise chose. On l’a bien vécu durant de nombreuses années ». « Mais elle aura aussi une opposition forte. Ce qui permet de faire avancer les choses », tient-il à préciser.

A 22h05, Claude Bartolone reconnaît sa défaite : « Je transmets toutes mes félicitations à Mme Pécresse que j’ai appelée et je souhaite bonne chance à l’Ile-de-France », remerciant ses alliés écologistes et du Front de gauche.