Elections régionales: Comment les électeurs ont vécu l'entre-deux tours?

REGIONALES 2015 La région Nord-Pas-de-Calais/Picardie s’est davantage mobilisée au second tour qu’au premier après avoir été sous les feux de l’actualité pendant une semaine…

G.D. avec AFP

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Illustration d'un bureau de vote
Illustration d'un bureau de vote — M.LIBERT/20 MINUTES

L’appel à la mobilisation générale a fonctionné. Dans le Nord-Pas-de-Calais/Picardie, la participation aux élections régionales a augmenté d’environ 5 % par rapport au premier tour. Il est vrai que, depuis une semaine, la région vit sous les feux des médias.

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Une situation que Sarah, étudiante, a mal vécue. « Le score tristement historique du FN a éveillé une vague d’intolérance et un déchaînement de haine sur les réseaux sociaux, dans la rue, à la fac, bref partout. Ça m’a encouragé à motiver encore davantage mon entourage à voter. »

 

Un premier tour oublié

Certains électeurs, privés d’une liste de gauche, ont dû aller voter avec des pieds de plomb. Joël, par exemple, n’a guère apprécié qu’on lui « impose ce qu’il devait voter ». « Si Marine Le Pen a fait 40 % au premier tour, c’est qu’il y a des raisons. Trop facile pour les politiciens de demander aux électeurs de faire barrage quand on n’a pas fait le travail », conteste-t-il à la sortie de son bureau de vote, à Villeneuve d’Ascq.

Dans cette ville, Pierre de Saintignon avait viré en tête, dimanche dernier, avec 33 % des voix devant Xavier Bertrand (24 %). Dans un bureau du quartier Flers Bourg, la mobilisation n’était pas au rendez-vous en début d’après-midi. Marion et Cédric se sont néanmoins déplacés après avoir « oublié » le premier tour pour cause de jardinage.

« Son devoir de citoyen »

« Dans ce contexte, je trouve le matraquage médiatique salutaire. C’est aussi le rôle des journalistes d’expliquer les dangers » estime Cédric. Avant de préciser qu’ils seraient, de toute façon, venus voter. Comme Anne-Sophie qui pense que « la campagne de l’entre-deux tours n’a pas influencé les gens ».

Abdelwaheb vient aussi de remplir « son devoir de citoyen ». Il est responsable de la grande mosquée de Lille et a appelé, vendredi, ses ouailles à aller voter. « Mais comme on le fait à chaque élection, même s’il faut reconnaître qu’on est dans une période particulière », explique-t-il.

A Armentières, Didier reconnaît avoir voté blanc. « Je vote toujours socialiste. Comme le PS s’est retiré, j’ai l’impression qu’on me vole mon vote », lance-t-il. « Mais si c’est à cause de moi qu’elle passe, je suis mal… », dit-il dans vouloir nommer Marine Le Pen. Ce dimanche soir, il peut être rassuré.