Élections régionales: Jean-Pierre Masseret, l'homme qui préfère ses convictions à son parti

PORTRAIT Le socialiste maintient sa liste au second tour des élections régionales dans le Grand Est, envers et contre tous, ou presque…

Gilles Varela

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Jean-Pierre Masseret / AFP / Fred Marvaux
Jean-Pierre Masseret / AFP / Fred Marvaux — AFP

C’est l’histoire d’un homme qui ne recule pas. Sportif accompli, lorsqu’il participe c’est pour gagner et il n’a pour mire que la ligne d’arrivée.

Si Jean-Pierre Masseret, candidat PS pour les régionales 2015 en ACAL a décidé de maintenir sa candidature dans le Grand Est au second tour, c’est parce qu’il est persuadé qu’il vaut mieux « affronter » le FN plutôt que « l’éviter ».

Un homme de gauche

Peu importe la pression car c’est un convaincu. Pour lui, « il faut anticiper pour maîtriser et non subir ». Jean-Pierre Masseret avait prévenu avant même le premier tour des élections régionales, en cas de triangulaire qu’il ne retirerait pas sa candidature au second tour. Peu importe d’être désavoué par le Parti Socialiste, peu importe la demande de Manuel Valls, peu importe le départ de la moitié de ses colistiers, peu importe ce que certains pensent de lui. D’ailleurs, se faire exclure du PS, il « s’en fout » et il n’hésite pas à le confier à la radio, un brin provocateur comme à son habitude.

Le candidat PS aux régionales dans l’Est est un homme de gauche et ce n’est pas nouveau. Il dirige la Lorraine depuis 2004. Et les longues courses intenses difficiles, c’est pour lui. A 71 ans, cet ancien inspecteur des impôts a siégé 25 ans au Sénat, où il est entré pour la première fois à 39 ans en 1983 devenant à ce moment le plus jeune élu du Palais du Luxembourg. Sportif, il a le goût de l’effort comme le prouve sa victoire au marathon et aux 20 km de Paris (catégorie vétéran) ou bien encore sa dizaine de titre champion de France d’athlétisme.

Toujours prêt à défendre ses idées

Et qu’on ne lui dise pas que c’est de l’entêtement, de l’obstination. Non, il défend ses idées et refuse les évidences, comme ce fût le cas lorsque, secrétaire d’Etat sous Lionel Jospin de 1997 à 2001, il se bat pour que la guerre d’Algérie soit reconnue en tant que telle et qu’on cesse de parler des « événements », ou bien encore, alors qu’il se définit comme un « Européen convaincu », il précise sur son site de campagne qu’il a voté contre le Traité constitutionnel en 2005…

Fidèle en amitié, il est comme Tarzan, dont il est admiratif, capable d’avancer en saisissant toujours les bonnes lianes même si cette fois il est conscient qu’il en « prendra plein la gueule » si le FN gagne au second tour.