Régionales : En meeting à Paris, Marine Le Pen veut «briser le plafond de verre» qui pénalise le FN

ELECTIONS Le Front national tient un meeting national à Paris, où toutes les têtes aux élections régionales sont présentes…

Anne-Laëtitia Béraud
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Marine Le Pen lors du meeting du Front national du 10 décembre 201( à Paris
Marine Le Pen lors du meeting du Front national du 10 décembre 201( à Paris — PATRICK KOVARIK / AFP

Salle Wagram à Paris, dans le chic 17e arrondissement. Mercredi, les notes du groupe Coldplay ont résonné dans la célèbre salle. Ce jeudi, l’affiche est différente : le Front national tient un meeting d’entre-deux-tours des élections régionales.

En haut du programme, figure Marine Le Pen, présidente de la formation, candidate ultra-médiatique dans la région Nord-Pas-de-Calais. En dessous, en rang d’oignons, figurent les têtes de listes frontistes qui assurent les applaudissements. Le but de la soirée, qui rassemble plusieurs centaines de militants, vise à « envoyer le message du rassemblement », lance Wallerand de Saint-Just, candidat en Ile-de-France. 

Second tour plus délicat pour le FN

Car le second tour s’annonce, pour le parti d’extrême droite, plus délicat que le premier. Après être arrivé en tête dans six régions sur treize le 6 décembre, le FN est donné perdant dans les régions du Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA selon trois sondages TNS-Sofres/Odoxa/Harris interactive publiés mercredi et jeudi.

Pour « briser le plafond de verre » qui limite le parti à toutes les élections, Marine Le Pen promet « l’espoir » que représenterait, selon elle, une victoire électorale. La candidate brasse les thèmes chers au parti, comme la «submersion migratoire» dans le pays, « une société multiculturelle [qui] tourne généralement à la société multi-conflictuelle » ou encore «la mafia UMPS» et «les notables du système». En position de victime, Marine Le Pen décrit un FN attaqué par «la diffamation d'Etat ordonnée par le Premier ministre et diligentée en sous-main par François Hollande» et le «pilonnage médiatique».

Yeux rivés sur la présidentielle

Mais les yeux sont, dès ce jeudi soir, rivés au-delà du scrutin du 13 décembre. Marine Le Pen a menacé mardi la « vengeance » des électeurs à la présidentielle, si aucune région ne virait « bleu marine » dimanche. Nicolas Bay, secrétaire général du parti et candidat en Normandie, abonde ce jeudi : « Ce n’est pas un échec si le FN ne gagne aucune région dimanche. Les centaines des conseillers régionaux obtenus nous permettront d’avoir les signatures pour le parrainage de Marine Le Pen à la présidentielle. » « La dynamique bleu marine est à l’œuvre dans toutes les régions et elle va continuer dans les mois et les années qui arrivent », promet le jeune élu.

Comme le résume à 20 Minutes Wallerand de Saint-Just, candidat FN en Ile-de-France : « Que Marine Le Pen gagne ou non dimanche en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ce sera un grand bénéfice pour elle dans la perspective de la présidentielle ». Au Front national ce jeudi soir, la musique, martiale, se veut conquérante.