Régionales 2015: Les duels avec le FN entre vannes et attaques en règle

JOURNAL DES REGIONALES Principaux faits, petites phrases et off... Toutes les infos de la campagne pour les élections régionales à retrouver sur « 20 Minutes »...

N.Beu.
— 
Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen à Nice, le 27 novembre 2015.
Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen à Nice, le 27 novembre 2015. — Lionel Cironneau/AP/SIPA

Second tour des régionales J-3

Nouveaux sondages rebattant les cartes des intentions de vote, Front national, polémiques… Les faits de ce jeudi de campagne.

Un élu FN appelle à voter Wauquiez, il est suspendu

L’entre-deux-tours donne décidément lieu à des situations rocambolesques. Un élu FN au conseil municipal de Clermont-Ferrand a ainsi été suspendu par son parti pour avoir appelé à voter pour Laurent Wauquiez (LR) en Auvergne-Rhône-Alpes, alors que son parti est encore en lice au second tour. « M. Rechagneux, je n’en voulais pas sur ma liste. Il a voulu un poste, il ne l’a pas eu. Il essaie de l’avoir chez M. Wauquiez. Quand il a voulu tirer dans le dos du FN, nous l’avons exclu », a réagi la tête de liste FN dans la région, Christophe Boudot, lors du débat du second tour des régionales. Rechagneux, lui, affirme « n’avoir reçu aucun courrier, ni coup de téléphone » l’informant de sa suspension du parti frontiste. Il ne compte pas revenir sur ses propos : « Si Laurent Wauquiez passe, je serai content. Je pense qu’il est le mieux à même de défendre l’Auvergne. Il connaît bien les difficultés que connaissent les petites villes du monde rural en tant que maire du Puy-en-Velay », a-t-il expliqué à l’AFP.

Marine Le Pen lance une vanne « à dix balles »

Elle l’a déjà fait savoir : la présidente du Front national n’aime pas qu’on affuble son parti du qualificatif « extrême droite ». Alors quand Xavier Bertrand, qui tente de rallier à lui les électeurs anti-FN de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l’a fait à près de dix reprises, lors du débat de mercredi soir, Marine Le Pen s’est fâchée. « Vous touchez 10 balles à chaque fois que vous dites extrême droite ? », a-t-elle lancé à son adversaire. Ce qui n’a pas empêché son adversaire de continuer.



Bartolone, candidat « prolo » ?

Claude Bartolone en fait une fierté et un argument de campagne : il est « fils de prolétaire » et a connu une enfance désargentée. Geoffroy Didier, le porte-parole de la campagne de Valérie Pécresse en Ile-de-France, en a visiblement un peu marre. Il l’a dit lors du meeting de mercredi, à Issy-les-Moulineaux.

Au meeting de Pecresse @GeoffroyDidier ironise sur Bartolone : "Il se dit prolo mais en réalité il est le petit télégraphiste de B. Tapie"
— Bruno Jeudy (@JeudyBruno) December 9, 2015
Petite correction sur la citation de @GeoffroyDidier concernant Bartolone : "il se dit prolo, mais c’est la gauche des milliardaires"
— Sylvain Tronchet (@SylvainTronchet) December 9, 2015

Estrosi et Maréchal-Le Pen se font la guerre (de 40)

Le point Godwin n’est jamais loin. En Paca, Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi l’ont prouvé sur Twitter ces dernières heures.

Colistiers de @Marion_M_Le_Pen sont en dehors du cercle républicain avec condamnations pour haine raciale ou connus pour leur pétainisme
— Christian Estrosi (@cestrosi) December 9, 2015
Quand on voit colistiers du FN, comme @P_Vardon qui chante des chants nazis, c’est infâme pour la république https ://t.co/0ipjRDNqkR
— Christian Estrosi (@cestrosi) December 9, 2015
"Avec des résistants comme @cestrosi en 39/45, on aurait perdu la guerre." @F3cotedazur pic.twitter.com/xw2EIdQvou
— Marion Le Pen (@Marion_M_Le_Pen) December 9, 2015

Marion Maréchal-Le Pen épinglée

Paca toujours. Selon le site Marsactu, l’un des partenaires économiques potentiels à l’étranger du FN que la candidate frontiste a évoqué lors de son débat avec Christian Estrosi ne serait autre qu’un employé de son propre père au Congo-Brazzaville. Lors du débat, la députée du Vaucluse s’était prévalue de ce soutien alors qu’elle était attaquée sur ses propositions de « patriotisme économique régional » et critiquée par des chefs d’entreprise de la région. « Je me félicite du communiqué de presse du Groupe Congo Capital Entreprises SA, en charge du programme de privatisation de 46 entreprises au Congo, dans lequel sa direction se déclare convaincue que la dynamique économique d’ouverture dans laquelle nous nous inscrivons permettra aux entreprises françaises de trouver de nouveaux débouchés », écrit également Marion Maréchal-Le Pen sur sa page Facebook.

NKM comme Morano ?

On ne contredit pas Nicolas Sarkozy. Le président des Républicains n’a pas apprécié le vote de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a osé voter contre le maintien des listes de droite arrivées troisième au premier tour des régionales. Selon L’Obs, cette audace pourrait coûter cher à la numéro deux du parti. « Ceux qui se mettraient hors la ligne du parti subiront le sort de Nadine Morano », a dit Eric Ciotti.

Pendant ce temps-là, Gilbert Collard…

Le « front républicain » fait visiblement s’étrangler le député du Rassemblement Bleu Marine.

Le masochisme politique, c’est de voter à gauche lorsqu’on est de droite ! #LRMP #Regionales2015 pic.twitter.com/D43aD26fTy
— Gilbert Collard (@GilbertCollard) December 10, 2015

Reynié et Delga s’empoignent… à cause d’Aliot

Même quand il ne dit rien, le candidat FN provoque la polémique. Ainsi, en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga (union de la gauche) et Dominique Reynié (union de la droite et du centre) se sont empoignés au sujet du parti de Louis Aliot, assis à côté d’eux lors du débat d’entre-deux-tours, raconte La Dépêche. Reynié n’a en effet pas apprécié que l’ex-ministre qualifie le FN de parti d’extrême droite. « Qu’est-ce que c’est que cet examen que vous faites passer aux candidats ?, a d’abord demandé Dominique Reynié aux journalistes qui l’interrogeaient. Je suis désolé de le dire, le Front national est autorisé. […] Les électeurs ont le droit de le choisir. Moi, je veux convaincre les électeurs de voter pour moi, mais c’est insupportable cet examen que vous faites passer aux candidats » Puis, à Carole Delga : « S’il était d’extrême droite, pourquoi le président a reçu cinq fois Marine Le Pen à l’Elysée ? ».