Nord: Pour Aubry, 15 élus d'opposition «n'auraient servi à rien ou presque»

POLITIQUE La maire de Lille assume pleinement le retrait de Pierre de Saintignon, tout en regrettant le manque de « hauteur » de Xavier Bertrand…

Olivier Aballain

— 

Martine Aubry, le 23 septembre 2015 à Lille
Martine Aubry, le 23 septembre 2015 à Lille — O. Aballain

Selon la Voix du Nord, Martine Aubry a repris des couleurs, après la déception du 1er tour des régionales. La maire de Lille, qui a accordé un entretien au quotidien local, n’a en tout cas pas la langue dans sa poche. Le point en quelques citations clef.

« Nous aurions eu 15 ou 16 élus qui n’auraient servi à rien ou presque »

Martine Aubry entend ainsi expliquer le retrait de la liste De Saintignon (arrivée 3e avec 18,12 % des voix dimanche) en vue du second tour, considérant que les socialistes sont « capables de défendre la région en dehors de ça ».

>>A lire aussi : Pierre De Saintignon se retire, la gauche n’aura aucun élu

Cependant, cette déclaration est assez peu amène sur le rôle des élus d’opposition dans une assemblée territoriale. D’ailleurs, mandat après mandat depuis 2001, l’opposition de droite à Lille n’a eu de cesse de dénoncer le manque de considération de la maire à son égard. L’entretien publié ce mercredi ne risque pas d’arranger les choses.

« Tant pis, nous serons républicains pour deux »

Comme d’autres électeurs de gauche, Martine Aubry n’a pas apprécié le discours de Xavier Bertrand après le premier tour.

« On attendait un discours sur le fond, autour de l’esprit républicain. Cela n’a pas été le cas », glisse la maire de Lille, rappelant que le candidat LR n’a « même pas eu la courtoisie d’appeler » son concurrent PS, contrairement à Christian Estrosi en PACA. Qu’à cela ne tienne : pour Martine Aubry l’enjeu est tellement important qu’elle appelle les militants à voter Xavier Bertrand et à « faire campagne ».

« Une nouvelle fois, les centristes se sont tus »

Après Xavier Bertrand, ce sont ses alliés centristes de l’UDI qui en prennent pour leur grade. Martine Aubry estime que leur manque de soutien (pour pousser Xavier Bertrand à accepter une fusion des listes avec le PS) est « particulièrement décevant ». « Je l’ai dit dimanche soir à Jean-Louis-Borloo, que j’aime bien par ailleurs ».

« Courir l’air du temps, c’est pas le sujet »

Là, ça ressemble à une leçon de sciences politiques à l’intention de Manuel Valls. La fille de Jacques Delors, forte du bon score du PS à Lille (34,3 % contre 22,1 % à Xavier Bertrand et 20,4 % à Marine Le Pen), estime que « les gens peuvent comprendre (…) si on tient sur des valeurs d’ouverture, de générosité ».

>>A lire aussi : Manuel Valls demande à l’UE d’arrêter l’accueil des réfugiés

Martine Aubry met en avant l’accueil d’une cinquantaine de réfugiés, annoncé en octobre : « On m’a dit “Tu vas perdre des voix”. Il n’en a rien été ». Transmis à Matignon.