Régionales 2015: Quel report de voix pour la triangulaire du second tour dans le grand Est?

ELECTIONS Plus de 1,7 million votes ont été exprimés au premier tour des élections régionales en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Dimanche, c’est une triangulaire qui élira le président de la région grand Est…

Floréal Hernandez

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Quel sera le report des voix au second tour des élections régionales en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine le 13 décembre? (Illustration)
Quel sera le report des voix au second tour des élections régionales en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine le 13 décembre? (Illustration) — G. Varela / 20 Minutes

Depuis dimanche, rien n’est très clair dans le grand Est pour le second tour des élections régionales. Mardi, l’embrouillamini autour de liste socialiste a été levé avec le maintien de la candidature de Jean-Pierre Masseret. Car seules 71 démissions de colistiers ont été enregistrées. Reste à savoir maintenant comment va se faire le report des voix des 391.125 électeurs qui n’ont pas voté pour les trois candidats encore en lice. Et quid des abstentionnistes qui représentaient 52 % de l’électorat en ACAL ?

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Pour Florian Philippot

C’est un consensus, personne n’a appelé à voter pour le Front national. Toutefois, Florian Philippot devrait récupérer des voix auprès des électeurs d’Unser Land et de ses alliés régionalistes. D’ailleurs il n’a pas oublié de dire que comme eux, il était contre la fusion de l’Alsace, de Champagne-Ardenne et de la Lorraine. Dans le sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique en partenariat avec Alila, 43 % d’entre eux annonçaient leur report vers le FN en cas de triangulaire.

Des électeurs – « des gaullistes et des patriotes –, dixit Laurent Jacobelli, la tête de liste de Debout la France, pourraient également glisser un bulletin Front national dimanche « bien qu’ils ne se sentent pas nationalistes », note Philippe Breton, professeur des universités et directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique en Alsace.

Concernant les abstentionnistes, le politologue estime que le FN a su les mobiliser au premier tour. Il n’y a donc pas de réserve au second tour. Par contre, il peut profiter de la « dynamique nationale » du parti présidé par Marine Le Pen.

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Pour Philippe Richert

Là, les appels à voter pour le président sortant de la région Alsace se sont faits collectivement – Parti radical de gauche – mais surtout individuellement. Sandrine Bélier, candidate EELV, a ainsi des trémolos dans la voix indiqué qu’elle votera pour le candidat de la droite. Elle a ajouté qu’elle n’est pas « détentrice des voix des électeurs ». On peut penser qu’une partie des 119.111 votants pour la candidate écologiste la suive.

C’est le cas aussi d’ex-colistiers de Jean-Pierre Masseret, d’élus ou militants socialistes. Certains appellent à faire barrage au FN, d’autres enjoignent nommément à voter Richert. Malgré leur ressentiment, des régionalistes devraient voter pour lui afin d’éviter une présidence régionale Front national.

La liste Front de gauche estime que « le maintien de la liste Masseret aggrave le danger de victoire du FN » et appelle ses électeurs « à se mobiliser massivement dans les urnes pour empêcher le Front National d’accéder à la présidence de la région ». Un discours sensiblement le même du côté du PC bas-rhinois.

Pour Jean-Pierre Masseret

Sur les 286.438 électeurs qui se sont exprimés en faveur de sa liste, le 6 décembre, combien vont réaffirmer ce choix ? Soixante et onze de ses colistiers ont décidé de se désister. Une partie de l’électorat socialiste va prendre le parti de soutenir Philippe Richert plutôt que de voir Florian Philippot président de la région ACAL. Mais d’autres électeurs PS soutiennent la position de Masseret. « La quasi-totalité des militants strasbourgeois de la section Bourse-Espalanade-Krutenau » le suit et estime : « Il faut des élus de gauche pour conserver une veille citoyenne et une capacité d’action favorable aux salariés au sein du conseil régional ».

« Il y a encore un traumatisme d’avoir voté Chirac en 2002 chez certains. Pour d’autres, il sauve l’honneur de la gauche en affirmant sa présence », souligne Philippe Breton. Cette posture peut également séduire des électeurs des listes Front de gauche ou Lutte ouvrière. Voire des abstentionnistes.

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Vote blanc ou absence de consigne

Jean-Georges Trouillet, le candidat des régionalistes, a annoncé qu’il appelait à voter blanc au second tour. Même position pour Laurent Wostyn, candidat LO. Laurent Jacobelli, tête de liste Debout la France, « laisse libre [les électeurs] de voter pour le candidat de leur choix lors du second tour ». Du côté de l’UPR, David Wentzel n’incite pas au report de voix ses 21.790 électeurs. « Aucun parti ne propose ce qu’on propose. »