Régionales 2015: La politique de séduction du FN progresse chez les cadres supérieurs

ELECTIONS Si un haut niveau de diplôme continue d'être le meilleur rempart contre le vote extrême, le FN progresse aussi chez les CSP+...

H.S.

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Saint Cloud le 09 juin 2013. Congres de futurs candidats aux elections municipales de 2014. Session Campus Bleu Marine et formation des futurs candidats en matiere de comptes de campagne, de politique du Front National et conseils divers.
Saint Cloud le 09 juin 2013. Congres de futurs candidats aux elections municipales de 2014. Session Campus Bleu Marine et formation des futurs candidats en matiere de comptes de campagne, de politique du Front National et conseils divers. — A. Gelebart / 20 Minutes

« Un choc » pour certains ou un « résultat historique » pour d’autres, le score du Front National à l’issue du premier tour des élections régionales 2015 a rebattu les cartes du jeu politique avant le deuxième tour dimanche prochain. Si le parti de Marine Le Pen a capté près de 28 % des suffrages, devançant ainsi la droite (27 %) et le PS (23,5 %), il n’en est pas à son premier succès électoral. Dès son apparition sur la scène politique française, sociologues, géographes et politologues se sont penchés sur cet électorat de plus en plus mouvant.

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Longtemps associé aux franges les plus modestes de la population, le vote frontiste évolue à chaque scrutin, dans le sillon de la stratégie du parti amorcée par sa présidente. Lors du vote ce 6 décembre, le FN aurait attiré 22 % des votes des CSP + (Cadres supérieurs et professions libérales) selon un sondage Harris interactive pour M6. En 2010, à l’occasion des précédentes élections régionales, l’institut d’études CSA créditait cette même catégorie socioprofessionnelle de seulement 5 % de votes frontistes.

Elargir la base de son électorat

Pour Jean-Daniel Levy, directeur du département Politique – Opinion pour Harris Interactive, le FN progresse auprès des catégories les plus aisées : « Il y a une forte évolution et cela participe de la réussite du parti au niveau national ». Comment expliquer ce choix ? Pour Vincent Tiberj, le parti est arrivé à un tournant de son évolution : « C’est le moment pour le FN d’élargir sa base électorale ».

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Pour autant, le sociologue tient à remettre en perspective ces chiffres : « Il s’agit plus d’une stratégie d’influence mise en place avec la multiplication de collectifs au sein des milieux étudiant ou enseignant ». L’arrivée d’une association d’étudiants militants du Front National à Sciences-Po Paris avait particulièrement marqué les élèves de la rue Saint-Guillaume.

« Le FN fait feu de tout bois et dans tous les milieux mais il va nécessairement se heurter à l’incohérence de son discours entre un Front National du Sud, favorable au petit entrepreneur plutôt libéral et un Front National du Nord lié à la tradition ouvrière, analyse Vincent Tiberj.