Régionales: Sarkozy annonce un «débat» sur la ligne du parti Les Républicains

POLITIQUE Bousculé dans son camp, Nicolas Sarkozy annonce la tenue d’un débat sur la ligne politique du parti Les Républicains après les élections régionales…

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, le soir du premier tour des régionales au QG du parti, le 6 décembre 2015 à Paris.
Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, le soir du premier tour des régionales au QG du parti, le 6 décembre 2015 à Paris. — VILLARD/SIPA

Critiqué pour sa stratégie face au FN aux élections régionales, Nicolas Sarkozy a admis mardi que le parti Les Républicains (LR) devra clarifier sa ligne après le 13 décembre. Lors d’une réunion du groupe LR à l’Assemblée nationale, qui se déroulait à huis clos mardi, Le Monde rapporte que Nicolas Sarkozy a lâché, à la surprise générale : « La question de la ligne politique des Républicains, ce n’est pas le moment. Après [les régionales], oui, il y aura un débat à ouvrir ».

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Cette déclaration calmera-t-elle les critiques dans son camp ? Le chef de parti est en effet chahuté depuis le revers de la droite face au FN au premier tour des régionales, le 6 décembre. Les candidats Valérie Pécresse et Xavier Bertrand refusent sa présence dans leurs réunions publiques de l’entre-deux-tours, de peur d’effrayer des électeurs agacés par la stratégie « ni-fusion avec le PS, ni retrait face au FN ».

La droite « n’est pas audible »

Eric Woerth, pourtant proche de Nicolas Sarkozy, déplore lundi que le parti n’ait « pas de leader officiel, légitime, qui porte les couleurs officielles de l’ensemble du parti ». Quant à l’ancien ministre Alain Juppé, il souhaite ce « débat » car selon lui, la droite n’est « pas audible ».

Cinglant, Hervé Mariton juge lundi que les résultats du premier tour signent « l’échec de Nicolas Sarkozy car d’évidence, il n’est pas crédible comme représentant d’alternance après avoir échoué en 2012 ». Contacté par 20 Minutes mardi, le député de la Drôme réagit : « il est important que ces discussions aient lieu car la droite ne peut offrir une ligne "Front national light" ».

« Le parti peut tout à fait sortir de ce débat sans exploser »

« J’espère que cette annonce de débat, qui s’inscrit dans la primaire [à droite en 2016], ne sera pas oubliée sitôt les élections passées », avertit-il. Lui aussi candidat à la primaire, Hervé Mariton estime que ce « débat verra des lignes distinctes s’affirmer au sein du parti. S’il n’ajoute pas des tensions aux tensions, le parti peut tout à fait sortir de ce débat sans exploser », ajoute le député.

Une affirmation fortement nuancée par Yves-Marie Cann, directeur des études politiques au sein du cabinet Elabe. Ce mardi sur le plateau de #DirectPolitique, l’émission politique de 20 Minutes-Ouest-France-L’internaute, le sondeur juge que l’unité à droite est « une unité de façade avant la primaire de 2016 ». « S’il y a une recomposition à droite dans les mois à venir, elle passera nécessairement par une fracture, une césure chez les Républicains », professe ce spécialiste des études. Dans la perspective de la primaire, l’hiver à droite s’annonce caliente.