Régionales 2015 : Fusionner les listes demande «des heures de négociations et beaucoup de café»

ÉLECTIONS Les listes finales devront être prêtes ce mercredi à 18 heures...

Thibaut Le Gal

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Claude Bartolone (PS), Emmanuelle Cosse (EELV), et Pierre Laurent (FG) ont fusionné leur liste pour le second tour.
Claude Bartolone (PS), Emmanuelle Cosse (EELV), et Pierre Laurent (FG) ont fusionné leur liste pour le second tour. — ADRIEN MORLENT / AFP

Après les résultats, l’heure des tractations. Les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages au premier tour des régionales peuvent fusionner avec celles se maintenant au second tour (à 10 %). Les candidats et leurs colistiers ont jusque 18 heures ce mardi pour déposer listes communes. Pour sélectionner les candidats, trouver un accord sur les programmes, il faut de longues heures de négociations et… beaucoup de café. 20 Minutes vous donne le mode d’emploi d’une bonne union.

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  • Avoir un adversaire commun

Pour se rassembler, rien de mieux qu’avoir un adversaire commun. Pour la gauche, au second tour des régionales, il y en a parfois deux : le candidat du Front national, et celui de la droite et du centre. « Le regroupement se fait en Ile-de-France contre la droite et le FN. Nous voulons battre Valérie Pécresse et son programme de droite qui inquiète les associations et ceux qui craignent sa politique d’austérité », résume Eric Coquerel (PG), en 4e position de la liste parisienne d’union de la gauche.

« Au vu des résultats du 1er tour et de la situation politique qui en découle en France comme dans notre région, le rassemblement est indispensable. Nous devons avoir de nouvelles pratiques politiques car le score du FN nous interpelle », assure également Carole Delga, tête de liste PS en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, lors de la fusion avec la liste Gérard Onesta (EELV-FG).

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  • Se répartir les postes

Qui dit fusion, dit nouvelle liste à établir. C’est le début d’une longue nuit de négociation. « J’aimerais que les législateurs qui ont pondu la loi électorale soient condamnés à vivre pour toujours la nuit que nous avons passée de dimanche à lundi », raille Gérard Onesta. « On s’est retrouvé dès dimanche soir dans un hôtel en ville. Avec une grande table pour faire des breaks, et beaucoup de café ». Il poursuit. « Sur le plan politique, cela a pris une seconde. Sur le plan technique, 14 heures ».

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Plusieurs paramètres sont à prendre en compte. Les scores du premier tour, mais pas seulement. « Sur le rapport de force 70 %-30 %, on se met vite d’accord. Mais techniquement, il faut ensuite croiser deux fois 184 noms dans 13 sections départementales en tenant compte du chiffre des urnes et des seuils des différentes sections, mais aussi la parité homme-femme. Parfois, on s’aperçoit qu’il manque un communiste ici ou un agriculteur là… », ironise Gérard Onesta.

 

Carole Delga, tête de liste PS en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, et Gérard Onesta (EELV) lundi 7 décembre lors de l’annonce de l’annonce de la fusion de leurs deux listes. - B. Colin/20 Minutes

 

  • Pas renier son programme

Fusion des listes ne veut pas forcément dire accord sur les programmes. « Notre fusion est technique. Nous n’avons aucun engagement de majorité dans la gestion de la région », explique Eric Coquerel (PG). « Nous continuerons de défendre notre programme au Conseil régional comme on le fait depuis cinq ans, en essayant de faire passer des choses importantes, comme nous avons pu le faire pour le passe navigo ou l’aide aux réfugiés ».

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« Le programme sera dicté par le rapport de force au Conseil régional, annonce Gérard Onesta. Dans ce grand moment de marathon administratif, ça ne servait à rien de bricoler en une nuit un programme. Nous avons suffisamment de points en commun pour travailler ensemble, comme la priorité des transports en commun. Si nous gagnons dimanche, il sera temps de débattre des désaccords. »