Régionales 2015 : Les Verts et le PC se rangent derrière Queyranne en vue du second tour en Auvergne-Rhône-Alpes

ELECTIONS Un accord de fusion pour une liste commune entre le PS, EELV et le PC, a été trouvé lundi...

Caroline Girardon

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Jean-Jack Queyranne, président socialiste sortant de la région Rhône-Alpes a trouvé un accord avec le PC et Jean-Charles Kohlhass, candidat d'EELV en vue du second tour des régionales en Auvergne-Rhône-Alpes
Lyon, le 7 décembre 2015. AFP / PHILIPPE DESMAZES
Jean-Jack Queyranne, président socialiste sortant de la région Rhône-Alpes a trouvé un accord avec le PC et Jean-Charles Kohlhass, candidat d'EELV en vue du second tour des régionales en Auvergne-Rhône-Alpes Lyon, le 7 décembre 2015. AFP / PHILIPPE DESMAZES — AFP

Les discussions ont duré moins de 24 heures. Jean-Jack Queyranne, candidat socialiste pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, arrivé en troisième position (23,9 %) dimanche soir, est parvenu à trouver, ce lundi, un accord avec le groupe EELV et le PC en vue du second tour.

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Un avantage non négligeable pour le président socialiste, puisqu’il dispose désormais mathématiquement d’un réservoir de voix (12,5 %) pouvant lui permettre de conserver la région au détriment de Laurent Wauquiez, candidat des Républicains, qui avait déjà rallié l’UDI et le MoDem.

 

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« Nous avons vu aujourd’hui (lundi) que la liste menée par Laurent Wauquiez a reçu le soutien de certains membres du Front National, comme Antoine Rechagneux, chef de file FN du conseil municipal de Clermont-Ferrand. Nous sommes dans la réédition de ce que la région Rhône-Alpes a connu en 1998. Et nous voulons combattre cela », assure Jean-Jack Queyranne.

A l’époque, Charles Millon, portant les couleurs de l’UDF, ne disposant pas de la majorité absolue pour diriger l’exécutif, s’était fait élire à la tête de la région avec les voix du FN.

« Pas le même rapport de force qu’en 2010 »

Une crainte partagée par Jean-Charles Kholhass, candidat EELV dont la priorité est désormais de « faire barrage à la droite extrême et à l’extrême droite ». L’homme n’a pourtant jamais caché ses divergences politiques avec Jean-Jack Queyranne. Dimanche soir, il laissait même entendre que la fusion était loin d’être actée.

« Le score que nous avons réalisé (6,90 %) nous a déçus. Il ne nous permet pas d’avoir des ambitions énormes. Ce vote ne donne pas le même rapport de force qu’en 2010 », se justifie l’élu qui ne fera pas partie de l’exécutif même en cas de victoire du parti socialiste.

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« Nous avons fait le choix de participer à la majorité sans pour autant être dans l’exécutif », poursuit-il. Quitte à mettre de côté des dossiers brûlants comme Lyon-Turin ou le Center Parcs de Roybon sur lesquels il affiche de profonds désaccords avec Jean-Jack Queyranne ? « Les points de différence ne sont pas gommés pour autant. Ils existeront encore. Mais ils n’ont jamais empêché la région de fonctionner », répond-il.

« Nous avons demandé à personne de s’aligner au garde à vous. Chacun conservera son appréciation sur un certain nombre de dossiers », plaide le président socialiste précisant qu’en cas de victoire, le PS obtiendrait 70 sièges à la région, les Verts, 20 et le PC, 17.

« L’alliance de la carpe et du lapin »

Les collaborateurs de Laurent Wauquiez n’ont pas manqué d’ironiser sur cette fusion, dénonçant « une gauche d’accord sur rien… sauf sur les petites combines pour conserver le pouvoir ».

« Nous prenons donc acte qu’après s’être écharpés ces 6 dernières années au sein de l’exécutif régional (…) ; après s’être déchirés et parfois invectivés durant la campagne électorale, socialistes, écologistes, communistes et membres de l’extrême gauche (…) voudraient nous faire croire qu’ils sont unis et rassemblés », écrivent-ils dans un communiqué. Et de conclure : « les électeurs ne sont pas dupes de cette alliance de la carpe et du lapin ».

Christiphe Boudot, FN, s’est aussi étonné de cette alliance sur les réseaux sociaux.