Régionales 2015: La décision de retirer la liste PS en PACA divise la gauche régionale

ÉLECTIONS Certains se questionnent sur « la légitimité de la décision » du retrait des listes PS, d’autres veulent des engagements de la part de Christian Estrosi…

Amandine Rancoule

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Le candidat PS aux régionales en région PACA, Christophe Castaner, a annoncé son retrait pour le second tour, après être arrivé en troisième position au premier tour, le dimanche 6 décembre 2015.
Le candidat PS aux régionales en région PACA, Christophe Castaner, a annoncé son retrait pour le second tour, après être arrivé en troisième position au premier tour, le dimanche 6 décembre 2015. — LILIAN AUFFRET/SIPA

La décision du Parti socialiste divise les élus. Dimanche, tard dans la soirée, Christophe Castaner (PS), arrivé en troisième position en Paca avec 16,59 % des voix derrière Marion Maréchal-le Pen (FN) et Christian Estrosi (LR) a annoncé le retrait de sa liste, auparavant demandé par les instances nationales du parti.

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« Une autre voie est possible »

Selon Ladislas Polski, le porte-parole du Christophe Castaner durant la campagne, « un grand nombre des colistiers se pose la question de la légitimité de la décision » de retrait de la liste. Ils devraient se réunir et prendre une décision avant mardi 18 heures, date limite du dépôt de liste pour le deuxième tour.

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« La position de reddition en rase campagne dictée à Christophe Castaner n’est pas acceptable. Une autre voie est possible : le rassemblement des listes de Christophe Castaner et de Sophie Camard et Jean-Marc Coppola », estime le maire socialiste de La Seyne-sur-Mer (Var), Marc Vuillemot, dans un appel à déposer une liste fusionnée des « listes de gauche et de l’écologie du premier tour ».

« Je veux explorer avec celles et ceux qui le désirent la voie du rassemblement à gauche pour être présent au second tour, souligne Jean-Marc Coppola (FG). Je ne me résous pas à ce que la gauche soit absente de la Région pour les six années à venir ».

« Je regrette le retrait » de la liste PS, indique aussi Sophie Camard. La liste EELV-FG, arrivée en quatrième position avec 6,54 % des voix, ne peut pas se maintenir au second tour. « Nous connaissions la position du PS, et, nous, nous souhaitions être au deuxième tour », ajoute la conseillère régionale. Si elle ne donne de consigne de vote, dimanche, elle prendra « à titre personnel », ses « responsabilités. J’ai toujours combattu le FN et Estrosi est un moindre mal, un pis-aller ».

« Faire barrage, c’est ne pas voter Marion Maréchal-Le Pen »

De son côté, Christophe Castaner a déjà prévenu : il ne reviendra pas sur sa décision. « Faire barrage, c’est ne pas voter Marion Maréchal-Le Pen, dont on sait que son élection serait catastrophique pour la région », réagit-il sur France Bleu Provence.

 

« Le sacrifice que je fais est immense et en particulier pour mes colistiers, pour les militants, pour ceux qui ont fait campagne, et qui regrettent que le discours de Christian Estrosi ait favorisé » le FN.

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« Quand les électeurs ne vous mettent qu’à 15 %, il faut en prendre acte. Malgré un bon bilan et un projet qui tenait la route, les résultats ne sont évidemment pas à la hauteur. Mais 60 % des électeurs veulent que l’on se retire », précise de son côté Elsa Di Méo, conseillère régionale socialiste. Dans un sondage Harris Interactive/M6 publié dimanche soir, 60 % des électeurs socialistes souhaitent le retrait du PS, lorsque le FN peut l’emporter et que la gauche est derrière la droite.

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Certains élus de gauche veulent des prises de positions d’Estrosi

« L’électorat de gauche se reporte plutôt bien, indique Richard Ghévontian, professeur de droit constitutionnel à l’université d’Aix-Marseille. Les électeurs de droite ont plus de mal à voter à gauche, que les électeurs de gauche à droite. Même si dans l’histoire politique il y a des exceptions ». Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd’hui publié lundi, en cas de duels droite/FN, 59 % des Français voteraient pour les listes LR contre 41 % pour celles du FN.

« Nous avons pris la seule décision qu’il fallait prendre, je ne sais pas si les électeurs nous suivront, indique de son côté Marie-Arlette Carlotti, députée socialiste. Ils n’aiment pas qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire. Mais nous allons leur demander quand même »

La gauche va ainsi solliciter des garanties de la part de Christian Estrosi, notamment sur la politique culturelle de la région ou les acquis sociaux, comme les maisons de santé et la carte de transport régionale. « Il est important qu’on ait des arguments pour convaincre les électeurs de gauche qu’il faut quand même y aller », estime Patrick Mennucci, député socialiste.

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