Régionales: Comment Jean-Yves Le Drian a séduit la Bretagne sans même faire campagne

ELECTIONS Le ministre de la Défense a prévu plusieurs rendez-vous cette semaine…

Camille Allain

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Jean-Yves Le Drian, ici à Rennes en décembre 2014.
Jean-Yves Le Drian, ici à Rennes en décembre 2014. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Arrivé largement en tête au premier tour des régionales en Bretagne, Jean-Yves Le Drian n’aura visiblement pas été pénalisé par son absence lors de la campagne précédent le scrutin.

Retenu au ministère de la Défense, l’ancien maire de Lorient n’aura pas eu beaucoup l’occasion de se déplacer dans la région depuis les attentats de Paris.

« Jean-Yves a été très présent »

Ce lundi pourtant, au lendemain d’un premier tour qui le place comme favori (34,92 % des suffrages), Jean-Yves Le Drian partira sur le terrain à Concarneau et La Forêt-Fouesnant. Mardi matin, il se rendra également chez le volailler Doux à Châteaulin, avant un probable débat mercredi et un grand meeting annoncé jeudi soir halle Martenot. Preuve que les socialistes ne vont pas laisser la droite et le FN faire campagne seuls cette semaine.

« Jean-Yves a été présent en interne pour soutenir les militants et notre mobilisation n’a pas faibli malgré cette situation atypique », explique Christophe Fouillère, secrétaire départemental du PS en Ille-et-Vilaine.


Pour le politologue Romain Pasquier, cette absence de campagne a finalement rendu service à Jean-Yves Le Drian. « Avant même les attentats, on a vu qu’il attendait le dernier moment pour se déclarer candidat. Il voulait sans doute éviter une campagne trop longue, ne pas trop débattre », analyse le politologue. Ses adversaires l’ont d’ailleurs beaucoup critiqué sur ce sujet. En vain.

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Mais si le ministre de la Défense a réalisé un si bon score, c’est sans doute aussi parce qu’il n’a pas attendu la campagne officielle des régionales pour draguer l’électorat. Depuis son départ de la région en 2012, Jean-Yves Le Drian est très régulièrement revenu en Bretagne, à des occasions parfois très éloignées de ses fonctions à la Défense.

« C’est un leader charismatique. Il est très connu des Bretons », assure Christophe Fouillère. « Il a sans doute capté une grande part de l’électorat centriste. Il incarne bien la région dans sa modération, sa capacité à parler aux paysans comme aux dirigeants. Et surtout il a pu profiter de son image de totem protecteur de ministre de la Défense », estime le politologue Romain Pasquier.

Dix points devant son principal opposant, Jean-Yves Le Drian dispose en plus d’une réserve de voix convenable avec les écologistes, le Front de gauche et une partie de l’électorat de Christian Troadec. Marc Le Fur devra lui miser sur les abstentionnistes. Derrière, le Front national s’assure plusieurs places au Conseil régional.

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