Régionales 2015: Après le retrait de la liste PS dans le Nord, le désarroi des militants

POLITIQUE Certains militants du PS et sympathisants de gauche ont du mal à comprendre le désistement de Pierre de Saintignon…

Olivier Aballain

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Le siège de la fédération PS du Nord, rue Lydéric, à Lille.
Le siège de la fédération PS du Nord, rue Lydéric, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Ils soutenaient la majorité régionale, et du jour au lendemain ils n’auront plus rien. Les militants et sympathisants du PS et de la gauche ont la gueule de bois, au lendemain du premier tour des élections régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

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La décision de Pierre de Saintignon (18,12 % des voix) de se désister du second tour a une conséquence directe : aucun élu de gauche ne pourra siéger dans la nouvelle assemblée.

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Un « fait accompli » que regrette en premier Gérard Caudron, maire (DVG) de Villeneuve d’Ascq. Cinquième sur la liste de Pierre de Saintignon, lui dont la ville a plutôt résisté au vote FN (3e à Villeneuve d’Ascq avec 21,2 %), fustige une décision prise « sans aucun respect pour ses partenaires ». Et il évoque sur son blog la « colère et le chagrin des militants ». « Moi je me suis fait rouler dans la farine politiquement, mais ceux qui ont collé les affiches, eux, ils ne reviendront pas », craint l’élu.

Il n’est pas le seul à être amer. Ils sont nombreux sur Facebook à critiquer le retrait socialiste, à l’instar d’Olivier Malengrez qui parle d’un « Hara-kiri » fait à la « gauche entière, en refusant d’ouvrir sa liste à toutes les forces politiques de gauche ». Quant à l’ancien ministre Frédéric Cuvillier, tête de liste PS dans le Pas-de-Calais, il ne décolère pas.

« Reconstruire », mais comment ?

A Roubaix, Marjolaine Pierrat Ferraille, élue PS d’opposition, estime qu'« il va être difficile de reconstruire sans élu ». « Techniquement cela signifie ne pas avoir d’informations sur les décisions prises, ne pas avoir la parole quand une décision absurde est prise… » Signe du désarroi socialiste, elle estime pourtant que le retrait était la « seule solution » face au risque FN…

La peur du FN plus forte que la peur du vide ? C’est aussi l’avis de Sébastien, un militant socialiste bien informé : « Ils savent, au conseil régional, qu’il est possible de travailler avec la droite normale. Pas avec le FN »

« Ah pour le coup on va pouvoir dire “le changement, c’est vraiment maintenant” », ricane nerveusement Jérôme Dehaynin. Le patron de la section PS de Wasquehal sait de quoi il parle : avec son score de 8,97 % aux dernières municipales, il s’est privé de toute représentation au conseil municipal. Pour lui, l’absence d’élu « complique » certes le travail d’opposition, mais elle permet au moins de « tourner la page plus facilement ». « Quand on n’a plus d’élus, on n’a pas d’autre choix que de rebâtir ».