Régionales 2015: Dominique Reynié (LR) trouverait «moralement choquant» de se retirer

POLITIQUE Certains ont tenté de l'en dissuader mais le politologue Dominique Reynié, arrivé troisième derrière le FN et le PS, se maintient en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées...  

Helene Menal

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Dominique Reynié (LR-UDI-MoDem-CPNT), tête de liste en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.
Dominique Reynié (LR-UDI-MoDem-CPNT), tête de liste en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées. — B. Colin - 20 Minutes

C’est niet ! Malgré un score bien en deçà de ses espérances (18,84 %), Dominique Reynié (LR-UDI-MoDem-CPNT), le seul candidat de droite arrivé troisième dimanche, ne retirera pas sa liste en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées. Il l’a tweeté dès après le scrutin, et il le redit partout ce lundi, malgré les textos qu’il reçoit et les appels au front républicain, notamment du côté des responsables nationaux de l’UDI.

« Et ça ne sert a rien de me le demander, confie-t-il, les bulletins sont déjà imprimés ».

 

Si son cas a fait jaser  en raison de sa singularité, ils ne sont pas si nombreux en fait à le lui demander. Dans les rangs de son parti, il y a Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Pierre Raffarin.

 

Mais pas Nicolas Sarkozy. Si le politologue a eu des prises de bec avec son président durant la campagne, notamment sur la constitution des listes, ils sont complètement en phase sur la ligne « ni retrait, ni fusion ». Même Alain Juppé, plutôt adepte du front républicain a fait savoir qu’un retrait de Dominique Reynié « profiterait au FN ».

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L’intéressé le rejoint. « Avec le même objectif, qui est de battre le FN, on aboutirait à l’effet inverse, on le consacrerait », affirme le politologue dont l’avis sur le sujet va bien au-delà de son cas personnel. « Je trouve cela moralement choquant pour les électeurs qui consomment leur droit de vote au premier tour », poursuit-il, prédisant un effet « dévastateur et suicidaire pour les socialistes » en Nord-Pas-de-Calais/Picardie et en Paca.

« Il faut faire le match jusqu’au bout »

A Toulouse, Jean-Jacques Bolzan (UDI), maire-adjoint et candidat sur la liste Haute-Garonne de Dominique Reynié, ne voit aucune raison valable de jeter l’éponge. « Il faut faire le match jusqu’au bout et aller au bout de ses convictions, dit-il. Avec une gauche à 45 %, un retrait démobiliserait nos militants et conforterait l’UMP-PS dont ne cesse de parler Louis Aliot (FN) ». Il s’apprête donc à une nouvelle semaine de campagne, « pour faire de la pédagogie sur un programme sérieux et chiffré ».

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En Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, le frontiste Louis Aliot a fait une percée historique en réunissant 31,83 % des suffrages. Il sort largement en tête devant Carole Delga (PS-PRG-MRC-GE) qui a toutefois mieux résisté que prévu avec 24,41 % des voix. La socialiste doit officialiser ce jeudi sa fusion avec l’écologiste Gérard Onesta et ses alliés de gauche. L’union, même tardive, de la gauche la place en ballottage favorable.