Régionales 2015: Les réactions de la classe politique

ELECTIONS L'ensemble de la classe politique fait part de ses réactions à l'annonce des résultats du premier tour des élections régionales...

A.B. avec AFP

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La présidente du Front National, Marine Le Pen réagit après l'annonce des résultats du 1er tour des élections régionales, le 6 décembre 2015 à Hénin-Beaumont en Picardie
La présidente du Front National, Marine Le Pen réagit après l'annonce des résultats du 1er tour des élections régionales, le 6 décembre 2015 à Hénin-Beaumont en Picardie — DENIS CHARLET AFP

Un score historique. Dimanche soir au 1er tour des élections régionales, le Front national est arrivé en tête du scrutin dans six régions, et affiche un score national proche des 30 %, ce qui met le parti de Marine Le Pen en position de remporter plusieurs régions, devant la droite puis le PS. L’ensemble de la classe politique française a vivement réagi à l’annonce des résultats.

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  • A gauche

Le total des voix de gauche lors des élections régionales « doit dépasser les 36 % », ce qui en « fait le premier parti de France », a estimé dimanche le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll (PS). « J’ai regardé l’ensemble des résultats consolidés ce qui fait le rapport de forces entre la gauche, la droite et l’extrême droite. Si je regarde ce rapport de force, le total de la gauche, qu’on disait en difficulté, doit dépasser les 36 % et en fait le premier parti de France », a déclaré sur TF1 Stéphane Le Foll (PS). « J’appelle au rassemblement de toutes les forces de gauche et des écologistes » pour le deuxième tour, a-t-il insisté.

Claude Bartolone (PS), arrivé en deuxième position en Ile-de-France, juge quant à lui « possible » une victoire au second tour si toutes les gauches se « rassemblent ». « C’est possible, si comme je le crois les socialistes, les écologistes et le Front de gauche peuvent se rassembler », a estimé dimanche soir le président de l’Assemblée nationale.

Nettement plus critique, Clémentine Autain considère que le score du FN est « un désastre qu’il faut d’abord imputer à la politique gouvernementale qui a désespéré, démobilisé, sidéré » les électeurs, a fustigé la candidate Front de gauche en Ile-de-France. « Nous avons un total gauche dans le pays qui est tout à fait lamentable, la gauche est aujourd’hui détruite », estime-t-elle, et appelle son camp à « reprendre la rue » et « à muscler la contestation sur le fond des idées de l’extrême droite ».

  • A droite

Le candidat Les Républicains dans le Nord-Pas de Calais-Picardie Xavier Bertrand a estimé dimanche que « la liste de rassemblement de la droite et du centre » qu’il conduisait était « la seule alternative possible contre l’extrême droite ». « Le visage de la région Nord-Pas-de-Calais - Picardie ne sera pas celui de Marine Le Pen. L’Histoire retiendra que c’est ici et maintenant dans notre région que son ascension a été stoppée », a ajouté Xavier Bertrand, arrivé deuxième derrière la présidente du Front national Marine Le Pen et devant le candidat socialiste Pierre de Saintignon.

Les électeurs « ont exprimé leur colère et leur exaspération. Cette colère et cette exaspération face aux promesses non tenues depuis si longtemps, je les comprends », a assuré Christian Estrosi, candidat LR en région PACA arrivé loin derrière Marion Maréchal-Le Pen. Il a ensuite invité les électeurs à faire le « choix de la raison et de la responsabilité ». Notre région « ne doit pas être le laboratoire de l’extrémisme, du sectarisme, de la violence, de la régression économique et sociale, de l’asservissement culturel », a-t-il martelé.

La droite doit « faire preuve dune grande humilité », car « vu les résultats du premier tour (des régionales), on voit que la reconquête sera longue et difficile », s’est exprimé Bruno Le Maire, député de l’Eure (Les Républicains) et futur candidat à la primaire pour 2017. Il s’est de nouveau prononcé, à l’instar du président des Républicains Nicolas Sarkozy, contre toute fusion ou retrait de listes au second tour. « Nous ne pourrons gagner que dans la clarté. Nous ne pouvons pas combattre les socialistes au niveau national et nous allier avec eux au niveau local », a-t-il dit.

  • Au Front national

A l’extrême droite, l’heure est à la jubilation.

« Nous sommes extraordinairement heureux de ce score qui nous honore et nous oblige à la fois », a déclaré Marion Maréchal-Le Pen, qui a obtenu entre 40,9 % à 41,9 % des voixen région Paca. « C’est la République qui a donné une leçon aux vieux représentants d’un système extraordinairement méprisant qui n’ont eu de cesse d’ignorer les souffrances, les attentes, les aspirations des Français », a-t-elle expliqué. Selon elle, ses deux adversaires « se prennent un retour de bâton à travers une nouvelle génération politique qui émerge et qui distance de très loin ceux qui ont fait la politique, à droite comme à gauche, depuis maintenant 40 ans, et qui ont échoué partout ».

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