Régionales 2015: Comment la campagne en Pays de la Loire a été influencée par les attentats à Paris

POLITIQUE Après les attentats de Paris, la campagne en Pays de la Loire a abordé des enjeux plus nationaux...

Julie Urbach

— 

Des professions de foi et programmes des candidats en Pays de la Loire
Des professions de foi et programmes des candidats en Pays de la Loire — J. Urbach/ 20 Minutes

Il y a un peu plus de deux semaines, des attentats terroristes visaient Paris, tuant 130 personnes. Et dans quelques jours, les Français seront appelés aux urnes pour les régionales. C’est une drôle de campagne qui s’achève, en Pays de la Loire. Car après le choc et une semaine de deuil, les candidats ont bien sûr repris réunions publiques, meetings et porte à porte.

Sur la démarche, Christophe Clergeau (PS), Sophie Bringuy (EELV) et Bruno Retailleau (Les Républicains) étaient d’accord. « La démocratie est une réponse à la barbarie », ont dit les deux premiers, employant la même formule. Sur le fond, ils tentent d’apporter des réponses différentes après le drame qui a touché le pays.

De nouvelles mesures de sécurité

Au lendemain des attentats, les chefs de file PS et des Républicains ont notamment mis en avant différentes mesures en lien avec la sécurité. Christophe Clergeau a annoncé, s’il est élu, la création d’une aide d’urgence d’un million d’euros pour tous les établissements scolaires qui voudraient engager des travaux de sécurisation. Bruno Retailleau parle, lui, de vidéoprotection, dans les lycées et les transports. Ils ont tous les deux assuré leur soutien à la culture et au monde associatif, « vecteur de vivre-ensemble ».

>> Alire aussi : Qui sont vos candidats en Pays de la Loire

La campagne a aussi, comme un peu partout, pris une dimension encore plus nationale qu’elle ne l’était. Le sénateur vendéen n’hésite plus à partager ses analyses sur la situation internationale du pays, jugeant qu’une « coalition internationale » est indispensable pour combattre Daesh. Les propositions en matière de gestion budgétaire, éducation ou transports, compétences de la région, semblent être devenues moins audibles.

Quel impact sur les électeurs ?

Sophie Bringuy (EELV), qui réfute les discours « ultra-sécuritaires  », tente de se recentrer sur les enjeux environnementaux. « Il y a un autre état d’urgence, c’est celui du dérèglement climatique », estime-t-elle. « Sortir de la dépendance au pétrole, qui enrichit Daesh, c’est aussi une façon de lutter contre le terrorisme  », assure la candidate tête de liste EELV, qui a distribué, quelques jours après les attaques, une lettre ouverte « pour une société apaisée et juste ».

Reste à savoir comment les électeurs se comporteront dimanche dans l’isoloir. Si au niveau national, l’impact des attentats devrait être « faible » selon une récente étude, le dernier sondage BVA paru dimanche a annoncé une percée du FN en Pays de la Loire. « Les événements ont sans doute un effet favorable mais nous n’avons rien fait pour les exploiter, bien au contraire, a déclaré Pascal Gannat, tête de liste du parti frontiste, dans les colonnes de Ouest-France, dimanche. Nous avions prévu des tracts pour dénoncer l’accueil inconsidéré de réfugiés dans certaines communes et nous y avons renoncé. »