Régionales 2015: Une campagne très sécuritaire en PACA

POLITIQUE Les attentats à Paris ont accentué le tournant sécuritaire de la campagne des élections régionales en PACA...

Mathilde Frenois et Mickael Penverne

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People walk by electoral posters for the upcoming regional elections in Marseille on November 30, 2015. AFP PHOTO / BORIS HORVAT
People walk by electoral posters for the upcoming regional elections in Marseille on November 30, 2015. AFP PHOTO / BORIS HORVAT — AFP

Les attentats ont suspendu la campagne des régionales. Désormais, ils ont aussi un effet sur les thèmes. On savait Christian Estrosi très impliqué sur la question sécuritaire. Lors de son meeting à Nice lundi, elle occupait la moitié de son discours.

En plus des dispositifs déjà envisagés (déchéance de nationalité, incarcération préventive, portiques de sécurité…), le candidat LR veut militer pour que le port de la burqa devienne un délit. « Dans la République, on n’impose pas aux femmes une prison fut-elle de tissu noir, soutient-il. La France c’est le pays du droit des femmes, ce ne sera jamais le pays des Talibans. »

Une insistance sécuritaire sans surprise pour Christian Estrosi, qui avait déjà fustigé dans un tract « la politique pénale de complaisance et de laxisme » du gouvernement qui en paye « parfois le prix du sang ». Adversaire direct, le FN joue également cette carte depuis plusieurs mois. « Les gens se rendent compte qu’on avait raison avant tout le monde », se réjouit Olivier Bettati, tête de liste FN avec Marion Maréchal Le Pen.

Une campagne en porte-à-faux

« L’état d’esprit du pays tout entier a été modifié par les attentats, commente Jean-Marc Coppola, tête de liste avec Sophie Camard (FG-EELV). Il faudrait être complètement en dehors de la société pour ne pas en tenir compte. » À gauche, on s’attache donc à ne pas entrer dans la surenchère. « Les enjeux régionaux, comme les lycées ou la formation professionnelle, peuvent apparaître dérisoires. Mais notre responsabilité, c’est d’en parler », insiste Ladislas Polski, porte-parole du candidat PS Christophe Castaner.

Pourtant, ce dernier a proposé un service civique. « Il a fait cette proposition en tant que parlementaire », précise le porte-parole. Une théorie confirmée par Richard Ghévontian, professeur de droit à l’université d’Aix-Marseille : « Nous vivons une campagne en porte-à-faux avec un discours dominant qui n’a rien à voir avec les enjeux régionaux, explique-t-il. Le décalage est très fort. Car s’il y a bien un domaine qui échappe totalement à la région, c’est la sécurité. »