Régionales 2015: Ce que les attentats ont changé pour les candidats en Bretagne

POLITIQUE Les débats ont tourné autour des questions sécuritaires ces derniers jours…

C.A.

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Des panneaux présentant les candidats aux élections régionales en Bretagne. Ici le 1er décembre à Rennes.
Des panneaux présentant les candidats aux élections régionales en Bretagne. Ici le 1er décembre à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« On était comme hors du temps ». Habitué des campagnes électorales, Bertrand Plouvier a comme tous les Français été « profondément choqué » par les attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre. Après avoir suspendu la campagne de sa tête de liste Marc Le Fur pendant la période de deuil national, le candidat Les Républicains en Ille-et-Vilaine est retourné sur les marchés. « Les gens avaient l’esprit ailleurs, on voyait qu’ils étaient sous le choc. Aujourd’hui les gens semblent avoir repris leur vie », poursuit Bertrand Plouvier.

Programmé à une période inhabituelle, le scrutin régional ne semblait déjà pas passionner les foules. Les attaques terroristes qui ont frappé Paris n’ont pas arrangé les choses. A trois semaines du premier tour, l’unité nationale prévalait alors sur le débat régional. « L’actualité dramatique de ces derniers jours a « tué » tous les débats régionaux », analysait récemment le politologue rennais Romain Pasquier. « Le seul sujet, c’est désormais la sécurité de la France et ce n’est pas une compétence de la région ».

« Les gens ne nous parlent que de ça »

Profitant de cette nationalisation des débats, le Front national a ainsi pu marteler ses thèmes de prédilection que sont la sécurité et l’immigration. « Les gens ne nous parlent que de ça. Ils ne s’intéressent pas aux problématiques des transports ou des lycées que doivent gérer les régions », assure Emeric Salmon, directeur de campagne de Gilles Pennelle, tête de liste FN en Bretagne. Pour autant, les représentants du parti frontiste estiment « avoir pu faire campagne presque normalement » après avoir observé la période de deuil.

Le Drian reste absent

Les socialistes ne peuvent sans doute pas en dire autant. Tête de liste, Jean-Yves Le Drian a dû interrompre la campagne qu’il venait à peine de commencer pour se consacrer à sa mission de ministre de la Défense. Sur le terrain, ce sont « les petites mains » qui ont assuré la présence sur les marchés, alors que toutes les réunions publiques ont été annulées. « Il fait campagne depuis Paris », assure-t-on du côté de ses détracteurs.

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Si leur tête de liste a sillonné la région, les écologistes n’ont pas non plus eu le sentiment de faire campagne. « On a déjà commencé très tard. Et entre les attentats et la tenue de la Cop21, ce n’était pas évident de parler des enjeux régionaux », commente Pascal Dallé, membre de l’équipe de René Louail.

Reste à savoir si les dramatiques événements parisiens vont pousser les électeurs à se rendre jusqu’aux urnes. « Je ne suis pas convaincu », avoue Bertrand Plouvier. Seul le FN, annoncé en hausse dans les sondages, pourrait voir dimanche soir sa cote monter en flèche.