Régionales 2015: La campagne en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées impactée par les attentats à Paris

POLITIQUE Les événements du 13 novembre ont considérablement impacté la campagne des Régionales. Ils ont poussé les candidats à revoir leur logistique mais aussi modifié les attentes des électeurs...

Nicolas Bonzom et Hélène Ménal

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Dans le bureau de vote de Villefranche de Lauragais, près de Toulouse. Archives
Dans le bureau de vote de Villefranche de Lauragais, près de Toulouse. Archives — Frederic Scheiber/20MINUTES

Pas facile de parler lycées et TER quand la France entière vit un cauchemar éveillé. Aucun des candidats aux régionales ne s’y est d’ailleurs essayé pendant les trois jours de deuil national qui ont suivi les attaques terroristes de Paris. Avec une discrétion médiatique inégale, tous ont même mis leur campagne entre parenthèses pendant une grosse semaine et ont procédé à des adaptations logistiques.

Le revival de la Marseillaise

Carole Delga (PS-PRG-MRC) a par exemple annulé 17 meetings, essentiellement dans des sous-préfectures. La liste Nouveau Monde de l’écologiste Gérard Onesta, a rédigé un encart « de deuil et de réflexion » qui enserre, en noir et blanc, les documents de campagne déjà imprimés. Philippe Saurel (DVG), le maire de Montpellier, a « délégué » durant quelques jours sa campagne à ses colistiers pour rester, physiquement, auprès de ses concitoyens.

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L’onde de choc se fait encore concrètement sentir maintenant que les réunions publiques ont repris. Celles de Carole Delga commencent invariablement en retard pour cause de fouilles à l’entrée. Elles se terminent aussi par une Marseillaise, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Dominique Reynié (droite et centre) concluait déjà, toujours, par l’hymne national. Il commence désormais systématiquement par une minute de silence.

« Les candidats doivent mener un exercice très particulier, en articulant dans leurs propos un sujet, qui à première vue, est assez éloigné des préoccupations et des compétences d’un conseil régional. Mais, ils le font, avec plus ou moins de bonne foi ».

Mais le 13 novembre a aussi un impact important sur le fond de la campagne. « Elle a été forcément bouleversée, souligne le politologue montpelliérain Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS. Les candidats doivent mener un exercice très particulier, en articulant dans leurs propos un sujet, qui à première vue, est assez éloigné des préoccupations et des compétences d’un conseil régional. Mais, ils le font, avec plus ou moins de bonne foi ».

La formation professionnelle au rancart

Ce changement, Louis Aliot (FN), l’a ressenti. « Nous distribuons nos documents rédigés et imprimés avant les attentats avec des thèmes régionaux, dit-il. Mais sur les marchés les gens parlent de la sécurité, de l’augmentation du chômage et de l’incompétence des gouvernants. Moins des transports, des lycées et de la formation professionnelle ».

« La campagne a pris un tournant national important », confirme Philippe Saurel. Alors que pour le staff de Dominique Reynié, « les électeurs ont envie de penser à autre chose, envie de retrouver l’espoir » et abordent facilement les thèmes locaux.

Pas de surenchère sécuritaire

Aucun candidat n’a sorti ses gros sabots en mâtinant son programme de davantage de sécuritaire. Carole Delga considère que l’éducation ou le fait de maintenir des subventions à des associations culturelles fait partie des moyens régionaux pour lutter contre le fléau de la radicalisation.

« Je n’ai pas eu à changer une virgule. Nous parlions surtout solidarité, ouverture et humanisme, confie Gérard Onesta et j’ai l’impression que ces thèmes sont désormais encore plus en phase avec les électeurs qui veulent montrer qu’ils n’ont pas peur et rester debout ».