Régionales: Les attentats ont-ils bouleversé les élections régionales dans le grand Est?

POLITIQUE Les attentats de Paris ont fait passer les régionales au second plan. Suspendue pendant plusieurs jours, la campagne électorale a été modifiée sur plusieurs aspects…

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 29 novembre 2015 - Panneaux électoraux avec les neuf listes candidates aux élections régionales de 2015 en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.
Strasbourg, le 29 novembre 2015 - Panneaux électoraux avec les neuf listes candidates aux élections régionales de 2015 en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. — F. Hernandez / 20 Minutes

La campagne des élections régionales a été une des victimes collatérales des attentats de Paris du 13 novembre. Pendant plusieurs jours, les candidats des neuf listes pour la présidence de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ont stoppé leurs meetings, leurs tractages. La reprise de celle-ci a été « difficile », reconnaît-on chez Europe Ecologie Les Verts ou chez Les Républicains.

Face au drame qui frappe la Nation, Philippe Richert suspend la campagne électorale. Solidarité aux victimes, courage aux forces de l’ordre.

Posté par Unissons nos énergies sur vendredi 13 novembre 2015

Pas de rupture radicale dans la campagne

« Candidats et électeurs, tout le monde a été choqué », poursuit Jean-Georges Trouillet, numéro un sur la liste « Non à l’Acal, oui à nos régions ». « Quand débute une réunion publique, ce n’est pas de manière classique, les gens ont besoin de contact, veulent connaître notre vision des choses », note Natacha Hamman, attachée de presse de la liste « Unissons nos énergies » conduite par Philippe Richert. Du côté du Parti socialiste, la question n’a pas été de changer le fond du programme mais la forme suite aux attaques terroristes.

 

Philippe Breton, professeur des universités et directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique en Alsace, note : « Il n’y a pas eu de rupture radicale dans la campagne après les attentats. Par contre, il y a eu une intensification de certaines thématiques notamment au Front national qui a prolongé et amplifier ces propos préexistants sur la sécurité ou l’immigration. »

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« La sécurité ne fait pas partie des compétences de la région »

Ainsi suite aux attentats du 13 novembre, une nouvelle proposition est apparue dans le programme de Florian Philippot, note Rue89 Strasbourg lors de son meeting à Hayange : « Les lycées doivent lutter contre la radicalisation. Ils doivent signaler les élèves radicalisés. Le conseil régional doit également réaliser un audit des fonctionnaires potentiellement fichés S. Ces personnels doivent être écartés des postes sensibles en lien avec la sécurité des habitants. »

Laurent Jacobelli, candidat de « Debout la France avec Nicolas Dupont-Aignan », s’est lui rendu sur le poste frontière d’Hégenheim avec le leader de son parti à Mulhouse. L’occasion de « réclamer des contrôles aux frontières en permanence ».

Sandrine Bélier, la tête de liste EELV, juge : « Il est difficile de parler des enjeux de la sécurité sachant que cela ne fait pas partie des compétences de la région. »

Accès médiatique restreint pour les « petites » listes

Pour les « petites » listes, les attentats les ont encore plus privées d’un accès aux médias. « C’est compréhensible que la campagne passe au second plan mais les gros partis ont continué à défiler à la télévision. Notre accès médiatique a été encore plus restreint », estime David Wentzel, candidat de « L’UPR, avec François Asselineau, le parti qui monte malgré le silence des médias ». Un point sur lequel il est rejoint par Jean-Georges Trouillet. « Ça a profité au pouvoir et au FN, pense le candidat des autonomistes. Il y a aussi eu le problème de l’annulation des manifestations publiques par la préfecture. »

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Sur les réseaux sociaux, les différentes listes ont changé leur photo ou publié des messages pour montrer leur soutien aux Parisiens. Sur le terrain, EELV a sorti ses autocollants. « Nos programmes et nos professions de foi avaient été imprimés avant les attentats. Nous avons donc sorti un autocollant qui reprend le logo de la paix et de la tour Eiffel, explique Sandrine Bélier. Les militants peuvent le coller sur les documents distribués. Le coller comme une larme pour exprimer qu’on n’oublie pas. »