Régionales 2015 : Comment les candidats surfent sur la sécurité en Rhône-Alpes-Auvergne

ELECTIONS Après les attentats à Paris, la sécurité, qui n'est pas une compétence régionale, s'est pourtant invitée dans la campagne en Rhône-Alpes-Auvergne...

Caroline Girardon

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Lyon, le 27 novembre 2015 - Des parachutistes de 3eme RPIMA ont récemment été déployés dans le cadre du renforcement du plan Vigipirate.
Photo : Bony/SIPA
Lyon, le 27 novembre 2015 - Des parachutistes de 3eme RPIMA ont récemment été déployés dans le cadre du renforcement du plan Vigipirate. Photo : Bony/SIPA — SIPA

Depuis les attaques terroristes à Paris, la campagne pour les élections régionales en Rhône-Alpes-Auvergne a pris sans surprise un aspect sécuritaire alors que la sécurité ne fait pourtant pas partie des compétences de la région.

Premier à dégainer : Laurent Wauquiez, candidat des Républicains. Le maire du Puy-en-Velay qui s’est illustré en réclamant des centres d’internement pour les terroristes au lendemain des attentats, s’empare immédiatement du sujet. A peine la période de deuil national terminé, il annonce le 21 novembre qu’il entend mettre 45 millions d’euros sur la table. Il lance l’idée d’un « bouclier de sécurité » qui viserait notamment les milieux islamistes.

Des portiques de détection dans les lycées

« Auvergne-Rhône-Alpes est aujourd’hui la deuxième région de France pour les signalements de radicalisation », justifie-t-il ce jour-là, évaluant lui-même à 3.000 le nombre de fiches S dans la région et proposant d’assigner à résidence « les plus dangereux d’entre eux » au moyen d’un bracelet électronique.

Le candidat propose de dépenser vingt millions d’euros pour doter les lycées de la région de portiques de détection et de caméras de vidéosurveillance. Mais aussi de renforcer la sécurité dans les gares, d’aider les communes à équiper leurs policiers municipaux d’armes et de renforcer la sécurité sur les sites Seveso, bien que cela dépasse les compétences régionales.

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A gauche, pas « de bouclier de sécurité ». Néanmoins, Jean-Jack Queyranne surfe lui aussi sur l’actualité. Le président socialiste sortant de Rhône-Alpes entend simplement « compléter ce qui a été engagé », rappelant « que la vidéosurveillance est déjà présente dans les gares et les trains ainsi que 50 % des lycées publics. » Un avis partagé par Jean-Charles Kohlhass, candidat EELV (les Verts).

« Ce que propose Monsieur Wauquiez est déjà fait depuis longtemps. Les établissements de formation, les trains et les gares connaissent un niveau de sécurité bien supérieur à celui des parkings de supermarché », affirme-t-il. « On se bat simplement pour que la présence humaine soit maintenue voire élevée dans les trains ou les gares alors qu’elle a été diminuée par la SNCF au cours de ces dernières années ».

Les Verts saisissent le CSA

« Installer des portiques à l’entrée des lycées est tout simplement irréaliste. Cela suppose de mettre du personnel pour fouiller les gens. Il faut dans ce cas un homme et une femme. Ce qui revient à créer au moins deux postes d’agents de sécurité par établissement. Soit un budget de 40 à 50 millions d’euros », explique Jean-Charles Kohlhass qui a saisi le CSA, estimant que « les candidats LR abusent délibérément de leur situation de cumul des mandats politiques en s’exprimant tous azimuts depuis leur fauteuil de député. »

Dans les sondages, le seul à vraiment tirer profit de cette campagne, reste Christophe Boudot. Le candidat FN gagne 5,5 points depuis les attentats tandis que Laurent Wauquiez et Jean-Jack Queyranne en perdent trois. Il est désormais crédité de 27 % des suffrages, ce qui lui permettrait de se classer deuxième au premier tour.