Régionales 2015: Les attentats à Paris ont-ils eu un impact sur la campagne en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes?

ELECTIONS Sur le fond, les programmes des candidats dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes n'ont pas changé, mais la sécurité a été davantage abordée...

Elsa Provenzano

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Une bannière représentant une Marianne en pleurs a été installée sur la façade de l'hôtel de région, après les attentats du 13 novembre. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE MULLER
Une bannière représentant une Marianne en pleurs a été installée sur la façade de l'hôtel de région, après les attentats du 13 novembre. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE MULLER — AFP

Les attentats qui ont coûté la vie à 130 personnes ont été perpétrés à Paris moins d’un mois avant le premier tour des régionales. Cet événement a-t-il rebattu les cartes de la campagne et orienté les débats dans la région l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ?

« Je n’ai rien noté, détecté comme changement programmatique car ce sont des mesures de souveraineté qui ont été prises. Aucun candidat n’a prétendu faire des propositions en lien direct », souligne Jean Petaux, politologue à Sciences Po Bordeaux. Il constate néanmoins que la mise en sommeil de la campagne pendant huit jours a profité à la candidate Les Républicains, Virginie Calmels. Cela lui aurait permis de « repartir plus vite », selon lui. Il note aussi que le sujet a particulièrement fait réagir le candidat du Front National Jacques Colombier, qui a enregistré une hausse dans les sondages publiés depuis.

« La sécurité est une question nationale »

« Je n’ai pas eu besoin de changer une virgule à mon programme même si le ton de la campagne a peut-être un peu changé. La sécurité est une question nationale et non régionale », pointe Françoise Coutant candidate EELV.

Si le rôle de l’Etat est de gérer les conséquences sur le plan de la sécurité, elle entend, à l’échelle régionale, combattre les « causes » du terrorisme en traitant des questions comme le vivre ensemble, la proximité et l’emploi, à travers la transition énergétique.

Sur la sécurité des TER et des lycées, deux domaines qui relèvent de la compétence régionale, elle estime qu’il faut « donner les moyens humains aux régions » car c’est bien « la présence humaine qui rassure ». Les portiques envisagés dans les gares sont, pour elle, trop coûteux et la vidéoprotection « n’a pas fait ses preuves ».

De la vidéoprotection dans les TER

Dans le camp socialiste, pas de changements non plus sur le contenu du programme, après les attentats mais les mesures liées à la sécurité ont été « mises en exergue ». « On en parle davantage mais c’est très loin de nos compétences », souligne la chargée de communication d' Alain Rousset président sortant de la région Aquitaine. Sur le dossier des TER par exemple, elle met en avant la vidéoprotection installée dans les 46 nouveaux trains commandés et dans les 80 haltes TER qui ont été rénovées cette année.

« Je n’ai pas changé mon projet. Les mesures que je propose comme la vidéosurveillance et les portiques dans les gares en faisaient déjà parties notamment suite aux événements du Thalys », souligne Virginie Calmels. Des mesures de sécurité dans les lycées et CFA pourraient aussi intervenir « à la demande des proviseurs », précise la candidate Les Républicains.

Au cours de leur campagne, les candidats n’ont pas noté d’attente particulière des électeurs sur le dossier de la sécurité. « Il est impossible de dire à l’heure actuelle quel va être l’impact des attentats sur le comportement électoral », conclut le politologue Jean Petaux.