Régionales 2015: Vos candidats en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

ÉLECTIONS « 20 Minutes » vous présente les principaux candidats dans votre région…

J. Diesnis et B. Colin

— 

Illustration elections regionales. Siege du Conseil regional de la region Midi Pyrenees. Drapeaux croix occitane.
Illustration elections regionales. Siege du Conseil regional de la region Midi Pyrenees. Drapeaux croix occitane. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Elle n’a pas encore de nom et ne verra le jour officiellement que le 1er janvier. Mais une chose est sûre : le 13 décembre au soir, la future grande région née de la fusion entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées (LRMP) aura un nouveau président-e.

Dès ce dimanche, les 4.152.474 électeurs des 13 départements qui composent la deuxième plus grande région de France sont invités à glisser dans l’urne leur bulletin pour désigner leurs 158 futurs élus. Lors du scrutin de 2010, ils avaient reconduit deux figures de la gauche à la tête des conseils régionaux : le dissident socialiste Georges Frêche en Languedoc-Roussillon et Martin Malvy (PS) en Midi-Pyrénées, qui fut le sortant le mieux réélu de France avec 67,77 % des voix.

A l’époque, alors que Nicolas Sarkozy était au pouvoir, une vague rose avait submergé la France. Cette fois-ci, le contexte est totalement différent. Si Carole Delga a à ses côtés Damien Alary, le président sortant de Languedoc-Roussillon, successeur de Georges Frêche et Christian Bourquin, elle doit faire face aux critiques à l’égard du gouvernement qu’elle a quitté il y a peu. Mais aussi à une gauche divisée et à la montée du Front national. Incarné par Louis Aliot, le parti de Marine Le Pen bénéficie de bons résultats aux derniers scrutins européens et départementaux. Il fait d’ailleurs de l’ombre au candidat de la droite, Dominique Reynié, accueilli froidement par certains élus locaux.

Carole Delga « Notre Sud » (PS-PRG-MRC-Génération Ecologie)

Sa proposition principale : « Ma priorité c’est l’emploi », a-t-elle répété tout au long de sa campagne. Pour y parvenir, Carole Delga propose notamment de construire la South Valley grâce à deux cités des start-up à Toulouse et Montpellier, des fablabs et un concours d’innovation des objets connectés.

Sa déclaration marquante : «Le FN, ce sont les VRP du malheur. Ils ne prospèrent que sur la peur et le malheur. Indiquer que nous sommes dans un temps de crise économique et que j'en suis la responsable, je laisse Louis Aliot à sa démagogie», a-t-elle déclaré dans une interview à La Dépêche du Midi.

Ses chances de l’emporter : Dans tous les sondages, Carole Delga est donnée victorieuse au 2e tour. Le dernier en date (BVA-La Dépêche) la crédite de 39 % des voix à l’issue du scrutin. Mais pour y parvenir elle doit impérativement s’allier à l’écologiste Gérard Onesta, car au premier elle n’arrive que 3e avec 19 % des intentions de vote.

 

Dominique Reynié « Je m’engage pour ma Région » (LR-UDI-MoDem-CNPT)

Sa proposition principale : A l’opposé des écologistes, Dominique Reynié défend l’usage de l’automobile… mais pas n’importe laquelle, la voiture propre. Il veut développer une filière sur ce secteur économique en soutenant le projet de pôle de compétitivité DERBI à Perpignan ou celui d’Albi sur les technologies à l’Hydrogène.

Sa déclaration marquante : « Je ne pouvais pas laisser mes détracteurs se ridiculiser en me traitant de parachuté sur un territoire qui m’a vu naître et grandir, que je parcours depuis tant d’années et où 40 maires et parlementaires m’ont élu pour porter les couleurs de la droite, du centre et de la société civile », a déclaré le candidat de la droite dans une vidéo intitulée « Dans ma région, le parachutage, c’est ça » où on le voit sauter en parachute.

Ses chances de l’emporter : Le candidat de la droite termine troisième au second tour avec, selon les sondages, près de 27 % des voix, loin derrière la candidate socialiste ou le FN Louis Aliot. Ce dernier siphonne certainement une partie des voix de Dominique Reynié.

 

Louis Aliot « L’avenir s’écrit en Bleu Marine » (Front national)

Sa proposition principale : Pour appliquer le protectionnisme régional, l’élu catalan veut jouer sur le bilan carbone et favoriser les entreprises les plus proches dans les appels d’offre. Il évoque aussi le critère social « pour donner la priorité aux entreprises locales ou à défaut nationales »

Sa déclaration marquante : « La première question serait “comment tu vois ton avenir.“ Ils sont pour beaucoup dans l'oisiveté, la drogue, la violence... Il y a des jeunes qui veulent s'en sortir et s'en sortent. Aux autres, il faut leur dire que l'avenir d'un jeune ne peut être que de vivre de substrats illégaux. Il faut leur proposer des solutions pour s'en sortir.» (Midi Libre, le 19 novembre, à propos des difficultés des jeunes).

Ses chances de l’emporter : Dans les sondages, le candidat FN arrive en tête à l’issue du 1er tour avec un score autour de 30 % des intentions de vote. Mais il ne gagnera que si la gauche est incapable de faire l’union au 2e ou 3e tour, ce qui semble improbable.

 

Gérard Onesta « Nouveau Monde en commun » (EELV-FG-PCF-PG-NGS-POC)

Sa proposition principale : Il l’a fait signer à tous ses colistiers. L’écologiste s’engage sur une charte éthique et démocratique qui garantie le non-cumul, mais aussi le relai des mobilisations locales et un pouvoir aux citoyens.

Sa déclaration marquante : «Delga ne sera pas présidente de la région». Cette déclaration tonitruante en Une de la Gazette de Montpellier lui a valu les foudres des instances du Parti socialiste qui ont appelé le candidat écologiste «à faire preuve de mesures dans ses propos et de respect à l’égard de Carole Delga».

Ses chances de l’emporter : Gérard Onesta est clairement le quatrième homme de cette élection. S’il a toujours indiqué qu’il ferait alliance avec Carole Delga au second tour, et barrage au Front National, les 14 % dont il est crédité au 1er tour vont pouvoir lui permettre de bien négocier et peser, même après le 13 décembre.

 

Philippe Saurel « Citoyens du Midi » (DvG-Citoyens du Midi)

Sa proposition principale : Pour réussir l’équilibre des territoires, le maire de Montpellier souhaite « un nouveau plan Etat-Région » afin de financer le développement des transports, réseau ferré et voies ferrées.

Sa déclaration marquante : «Tous les préfigurateurs de cette campagne ont été choisis en Midi-Pyrénées. Carole Delga, Gérard Onesta et Dominique Reynié en sont originaires. Je trouve que cela fait beaucoup.» (20 Minutes, le 5 novembre, à propos d'un «déséquilibre territorial»).

Ses chances de l’emporter : Le président de la métropole aura réussi son pari s’il atteint les 10 % à l’issue du premier tour. Il pourrait alors peser dans le… troisième tour. Il se maintiendra s’il est mesure de le faire. Son but : être la seule alternative à gauche ou à droite pour faire barrage en cas de quadrangulaire au Front national.

 

Les autres candidats
Christophe Cavard. Le député du Gard, qui a claqué la porte d’EELV au printemps, est à la tête d’une liste écologiste et divers gauche, intitulée Le bien commun.
Damien Lempereur. Originaire de Tarbes, ce jeune avocat en droit du travail est la tête de liste régionale de Debout la France, soutenu par le député Nicolas Dupont-Aignan.
Yvan Hirimiris. A 30 ans, originaire du Gard, cet ouvrier du secteur de l’industrie, nouveau en politique, est la tête de liste de l’UPR.
Jean-Claude Martinez. Le Sétois est une figure de l’extrême-droite en Languedoc. Il fut vice-président du FN de 1985 à 2008. Il est à la tête d’une liste Force France Sud.
Gilles Fabre. Le Montpelliérain est à la tête de la liste Nouvelle Donne, parti politique dit « alter-système » fondé par Pierre Larrouturou.
Sandra Torremocha. Professeur d’espagnol, cette militante veut donner la parole aux travailleurs à travers sa liste Lutte ouvrière.