Régionales: Qui est candidat en région Bretagne?

POLITIQUE Les sondages annoncent une triangulaire au deuxième tour...

Camille Allain

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Image d'un gwenn ha du, drapeau breton, flottant dans le ciel aux Vieilles Charrues.
Image d'un gwenn ha du, drapeau breton, flottant dans le ciel aux Vieilles Charrues. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Le premier sondage sur le scrutin régional en Bretagne annonçait une triangulaire. Ce dimanche, la seconde estimation est venue confirmer cette hypohtèse. Jean-Yves Le Drian, Marc Le Fur et Gilles Pennelle devrait donc se qualifier pour le second tour. Pour les autres, ce sera dur.

Jean-Yves Le Drian (PS et divers gauche)

Sa proposition principale. La gauche a décidé de s’appuyer sur les bases de la Bretagne en valorisant l’atout maritime, en développant l’économie numérique et en s’inscrivant dans la transition énergétique pour créer des emplois mais aussi d’augmenter le budget alloué à la culture.

Sa déclaration marquante. « Je suis convaincu que les Bretons comprendront », à propos de son cumul en tant que ministre.

Ses chances de l’emporter. Le ministre candidat est en pole position dans les sondages, qui le donnent vainqueur au second tour dans une région qu’il connaît très bien. Mais sa double casquette et l’impopularité du Gouvernement socialiste pourraient lui porter préjudice.

Marc Le Fur (Les Républicains et divers droit)

Sa proposition principale. Le député des Côtes d’Armor a déjà présenté un véritable programme économique. Il propose un prêt à taux zéro pour les primo-accédants, d’adapter le Code du travail, d’instaurer la rémunération au mérite des fonctionnaires et de miser sur l’industrie numérique.

Sa déclaration marquante. « Il ne pourra pas assumer sa tâche de président de Bretagne et c’est normal », à propos du maintien à la Défense de Jean-Yves Le Drian.

Ses chances de l’emporter. Il a eu beau entamer la campagne très tôt, le député des Côtes d’Armor aura du mal à combler le retard annoncé. Ses positions auprès des Bonnets Rouges lui ont apporté la notoriété, mais ont pu semer le doute sur ses convictions.

Gilles Pennelle (Front National)

Sa proposition principale. Dans une région pourtant peu métissée, le FN ne se cache plus et fait clairement campagne contre l’immigration. Un thème porteur, notamment en milieu rural, encore renforcé par les récents attentats, comme on le voit dans les autres régions.

Sa déclaration marquante. « L’immigration, c’est une malchance pour la Bretagne. Ce n’est pas une position dure, c’est une réalité que nous dénonçons depuis des années ».

Ses chances de l’emporter. Le candidat frontiste sera à coup sûr au second tour, où il se maintiendra et devrait donc faire son entrée au conseil régional. Reste à savoir combien de ses co-listiers pourront l’accompagner. Il est crédité de 23 % des voix au second tour selon un sondage BVA.

René Louail (EELV)

Sa proposition principale. Le paysan, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, milite pour un nouveau modèle agricole moins productiviste et plus « raisonnable ». Il dégomme aussi tous les gros investissements à venir dans la région : la centrale à gaz de Landivisiau, ou les « quelques minutes gagnées » grâce à la LGV « au détriment des liaisons régionales » et surtout l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voisin.

Sa déclaration marquante. « Ne pas promettre ce qu'on ne peut tenir et agir en s'inspirant des initiatives locales ». René Louail a sillonné la Bretagne depuis plusieurs mois pour aller à la rencontre des habitants.

Ses chances de gagner. La liste de René Louail est annoncée aux alentours de 6%. Dans une région où l’écologie divise, le candidat risque aussi de souffrir du grand bazar qui règne à Europe-Ecologie Les Verts au niveau national.

Christian Troadec (Oui la Bretagne)

Sa proposition principale. Le maire de Carhaix le sait, la Bretagne intérieure a été secouée par la crise de l’agroalimentaire. Le candidat a donc mis l'économie en tête de son programme. Il milite notamment pour un grand emprunt breton qui permettrait de soutenir les petites et moyennes entreprises afin de créer de l’emploi.

Sa déclaration marquante. « Il est inacceptable que l'on traite un problème de la baie de Lannion à Paris. C'est là que l'on voit qu'il faut un pouvoir régional fort, capable d'apporter des solutions à la Bretagne », à propos du projet d’extraction de sable coquillier. Une phrase qui illustre sa volonté de « vivre, décider et travailler en Bretagne ».

Ses chances de gagner. D’après les derniers sondages, il sera dur pour l’ancien leader des Bonnets Rouges Christian Troadec de se qualifier pour le second tour. Le maire de Carhaix est crédité de 6 % des suffrages et manque clairement d’ancrage à l’Est de la Bretagne.

Les autres.

Le scrutin régional en Bretagne verra s’affronter 11 listes. Nous en avons déjà listé cinq. Le Front de Gauche de Xavier Compain devrait dépasser les 3% même s'il aura du mal à se faire entendre, d’autant que certains communistes se sont alliés à Jean-Yves Le Drian. Les cinq autres devraient avoisiner les 1 % au premier tour. On compte parmi eux le militant indépendantiste Gaël Roblin, le représentant du parti de Nicolas Dupont-Aignan Debout la France Jean-Jacques Foucher ou encore Valérie Hamon, héritière d’Arlette Laguiller, tête de liste Force Ouvrière et seule femme à ce poste dans la région. Bertrand Déléon emmènera lui la liste Ensemble pour l’indépendance et Jean-François Gourvenec représentera l’Union Populaire Républicaine.