Elections régionales: Une figure du patronat nordiste s'inquiète de la victoire possible du FN

POLITIQUE L’ancien PDG du groupe agroalimentaire éponyme, Bruno Bonduelle, met en garde contre « le repli sur soi »dans une interview donnée au magazine Eco 121…

G.D. avec AFP

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Bruno Bonduelle (Archives).
Bruno Bonduelle (Archives). — B. Chibane / SIPA

Un patron monte au front. Bruno Bonduelle, figure historique des dirigeants nordistes, met en garde contre « le repli sur soi », à un mois des élections régionales en Nord-Pas-de-Calais/Picardie que pourrait remporter le Front national. A 82 ans, l’ex-PDG du groupe agro-alimentaire éponyme donne des leçons aux candidats.

« No pasaran »

« Comment peut-on prôner la fermeture des frontières alors que notre économie est immergée dans le monde avec un salarié sur quatre qui travaille dans une entreprise aux capitaux étrangers, alors que nous vantons dans nos brochures ce carrefour transfrontalier ouvert aux quatre vents ? », écrit Bruno Bonduelle, 82 ans, dans une tribune titrée « No pasaran » parue dans le mensuel économique régional Eco 121.

 

« No pasaran, c’était le cri de guerre des républicains espagnols face aux troupes de Franco pendant la guerre d’Espagne. Ici, ce pourrait être notre cri du cœur le soir du premier tour. Monsieur l’élu, vous êtes arrivé 3e : désistez-vous au profit du second ; mieux encore, fusionnez avec lui mais de grâce ne laissez pas notre économie sombrer dans le repli sur soi ! », ajoute Bruno Bonduelle, ancien président de la CCI Grand Lille de 2004 à 2010.

Marine Le Pen donnée gagnante des sondages

La région Nord-Pas-de-Calais/Picardie, fief de la gauche sans interruption depuis 1986, pourrait basculer à l’extrême droite, emmenée par Marine Le Pen. La présidente du FN est donnée gagnante dans tous les sondages publiés ces dernières semaines.

Les deux principaux adversaires de Marine Le Pen, Pierre de Saintignon (PS) et Xavier Bertrand (LR) ont tous deux assuré qu’ils se maintiendraient au second tour.

Une région exportatrice

A l’exception de cette tribune, les milieux économiques nordistes et picards sont restés relativement discrets concernant un éventuel passage à l’extrême droite de cette nouvelle région qui comptera environ six millions de personnes (3e en France, derrière l’Ile-de-France et Rhône-Alpes-Auvergne).

Selon les chiffres de la CCI Picardie et Région Nord, la région Nord-Picardie est la cinquième région exportatrice française avec 47,3 milliards d’euros en 2014, soit 11,1 % du total national, notamment dans la sidérurgie, la chimie, la construction automobile et les produits de la culture et de l’élevage.