Vers un accord douloureux entre partenaires sociaux sur les retraites complémentaires

ECONOMIE Le nouveau texte du Medef ouvre, selon ses détracteurs, à un «report de l'âge de la retraite»...

20 Minutes avec AFP

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Manifestations de miltants de la CGT à Paris le 16 octobre alors que se déroulent les négociations pour sauver les régimes de retraite complémentaires
Manifestations de miltants de la CGT à Paris le 16 octobre alors que se déroulent les négociations pour sauver les régimes de retraite complémentaires — PATRICK KOVARIK AFP

La pilule semble difficile à vendre aux travailleurs. Patronat et syndicats mettent ce vendredi la dernière main à un accord douloureux à propos des régimes de retraites complémentaires. Ainsi, à partir de 2019, les salariés seront incités à travailler plus longtemps pour pérenniser ces régimes.

Et parmi les participants à ce dernier round, les divisions persistent: Si le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont accepté un « accord de principe » le 16 octobre, la CGT et Force ouvrière, qui ont rejeté l'accord, participeront néanmoins à la réunion.

Décaler le départ des salariés

Tous ont reçu cette semaine le nouveau texte du Medef, fidèle à la trame déjà actée. Selon ses détracteurs, ce document ouvre la voie à un « report de l’âge de la retraite ».

Sa mesure phare instaure un système de bonus-malus pour inciter les salariés à décaler leur départ, à partir de 2019 (génération 1957). Une fois atteints l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour une pension à taux plein, ces salariés devront travailler un an de plus ou subir une décote de 10 % pendant deux ans, voire trois, cette troisième année devant être rediscutée en 2021.

Moindre revalorisation des pensions

Ceux qui travailleront deux années de plus bénéficieront au contraire d’un bonus de 10 % pendant un an. Ce bonus grimpe respectivement à 20 % et 30 % pour trois et quatre années supplémentaires.

Les retraités exonérés de CSG et, nouveauté, certains travailleurs handicapés, aidants familiaux ou mères ouvrières ayant élevé trois enfants en seront dispensés.

Sur l’ensemble des mesures, visant six milliards d’euros d’économies à l’horizon 2020, c’est la moindre revalorisation des pensions (-1 point par rapport à l’inflation) qui rapporte le plus (2,1 milliards).