Le risque d'inéligibilité de Dominique Reynié (LR) continue de faire des vagues

REGIONALES Le candidat Dominique Reynié est englué dans un feuilleton sur la validité de sa domiciliation chez sa mère, dans l’Aveyron…

H.M. avec AFP

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Dominique Reynié, Directeur général de la Fondation pour l'innovation politique,
Dominique Reynié, Directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, — Facelly/SIPA

Le politologue Dominique Reynié se souviendra longtemps de son atterrissage dans l’univers impitoyable de la politique de terrain. La tête de liste investie par la droite et le centre dans la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées est accaparée par le feuilleton sur la réalité de sa domiciliation dans l’Aveyron, plus exactement dans une chambre louée chez sa mère à Onet-le-Château. Et chaque fois qu’il produit de pièces, cela lui revient comme un boomerang.

Le « lièvre » de l’inéligibilité a été levé dans son propre camp. Par Jean-Pierre Grand, le sénateur LR et maire de Castelnau-le-Lez, dans l’Hérault. L’élu conteste l’investiture de Dominique Reynié au point de figurer pour ces Régionales sur la liste de Philippe Saurel, le maire divers gauche de Montpellier. Et il est pugnace.

Une lettre gênante

Le 19 octobre, l’Héraultais a écrit un premier courrier à Nicolas Sarkozy pour lui demander de vérifier si Dominique Reynié était bien inscrit sur les listes électorales en Aveyron conformément aux obligations légales.

 

Mardi, le sénateur-maire a de nouveau adressé une lettre au président des LR, publiée par Valeurs Actuelles. Dans cette missive, il joint une copie, qu’il s’est procurée, d’une lettre de l’avocat du candidat, Jérôme Jeanjean, qui propose au candidat « des solutions de régulariser a posteriori sa situation ».

Pour Jean-Pierre Grand ces propositions, notamment celle de garder les tickets de caisse des achats faits dans l’Aveyron, « s’apparentent au manuel du "parfait petit fraudeur" ».

Pas de procédure engagée

Dominique Reynié a reconnu avoir questionné son avocat. Il voulait savoir s’il respectait « bien toutes les règles de la légalité » lorsqu’il s’était domicilié à Onet-le-Château (Aveyron) chez sa mère. Il se dit « estomaqué » que cet échange avec son avocat ait été publié.

« Je n’ai jamais dit que j’ai toujours habité à Onet-le-Château, se défend-il. J’y ai une chambre avec salle de bains, ce qui est un appartement aux termes de la loi. J’y ai en revanche toujours eu mes comptes bancaires ».

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Côté du parti LR, un responsable interrogé par l’Agence France Presse, qui a requis l’anonymat, juge « très compliqué maintenant de changer de candidat. Sauf si l’inéligibilité était avérée, ce qui n’est pas le cas. Les choses vont suivre leur cours et se feront a posteriori : si Dominique Reynié était déclaré inéligible par le Conseil d’État, alors c’est le candidat suivant sur sa liste qui prendrait sa place », ajoute ce cadre.

Dominique Reynié se rassure en constatant l’absence de procédure jusqu’ici. « J’ai mis il y a une semaine au défi ceux qui contestent mon éligibilité de saisir les tribunaux. Personne ne l’a fait ».