«Race blanche»: Nadine Morano «a répété ses propos cinq fois, comment revenir dessus?»

INTERVIEW Philippe Richert avait demandé aux instances nationales des Républicains de se prononcer sur la situation…

Alexia Ighirri

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Nadine Morano le 16 septembre 2015
Nadine Morano le 16 septembre 2015 — AYOUB OUSSAMA/SIPA

Si Nadine Morano (Les Républicains), contactée ce mercredi matin par 20 Minutes, n’avait « pas le temps pour les journalistes aujourd’hui », elle disposait d’un délai - jusqu’à ce mercredi soir - pour s’excuser suite à ses propos sur la « race blanche », qui font polémique depuis près d’une semaine. Jusqu’à la tenue de la Commission nationale d’investiture (CNI) de son parti, qui doit décider du retrait de l’investiture en Meurthe-et-Moselle de l’eurodéputée, qui figure sur la liste LR-UDI-Modem menée par Philippe Richert (LR) dans le grand Est.

Le candidat alsacien, qui compte nommer la Nancéienne Valérie Debord (LR) à la place de Nadine Morano dans la foulée de la tenue de la CNI, avait demandé aux instances nationales des Républicains de se prononcer sur la situation.

Quel retour avez-vous eu concernant la polémique suscitée par Nadine Morano ?

Les citoyens rencontrés sont très heureux de la position prise, celle de ne pas accepter ces propos. Revenir au 21e siècle à la conception de races n’est pas acceptable. Heureusement qu’on a dit les choses clairement. Beaucoup ont fait le lien avec d’autres propos tenus par le passé. On m’a remercié, félicité, je crois que les gens sont libérés. Bien sûr il y a le retour de militants qui estiment que cela aurait aussi pu être reproché à d’autres politiques.

Vous étiez plutôt en bons termes avec l’eurodéputée, cette histoire ne vous chagrine-t-elle pas ?

On était en bons termes, oui. Mais il faut jouer collectif plutôt qu’agir selon ses intérêts personnels. Or, pour Nadine Morano, tout passait par le biais des primaires des Républicains pour l’élection présidentielle. Ça a fourni du bruit, du parasitage à la campagne qui se déroulait bien jusqu’à présent. Elle joue contre son parti, alors que notre challenger, c’est le Front national. Je regrette qu’elle ait dit qu’on ne savait pas mener une campagne. Je rappelle juste qu’elle a perdu les législatives et les municipales… Il faut remettre les pieds sur terre. A titre personnel, je trouve ça vraiment, vraiment dommage.

Que pensez-vous du délai laissé à Nadine Morano pour pouvoir s’excuser avant la tenue commission d’investiture ?

J’ai toujours laissé une chance aux gens, mais il faut que le message soit clair par rapport à ce qu’elle dit de la France et aussi par rapport à notre liste. Je l’ai appelé jusqu’à quatre fois en une journée, en laissant des messages, elle ne m’a jamais rappelé. Les gens ont compris qu’il n’était pas possible de maintenir ces propos pendant dix jours puis de s’excuser le onzième jour parce qu’on vient de comprendre que c’était une bêtise.

Vous comptez faire campagne sans elle, quoi qu’il arrive ?

J’ai clairement tourné la page. Je comprends qu’il y a quelques groupies qui continuent de parler de « race blanche », mais maintenant il faut y aller. Si la réponse qu’elle apportera à la commission d’investiture est claire, cela peut être examiné. Mais elle a déjà répété ses propos cinq fois, comment revenir dessus ?