Municipales 2014: Le Front national se projette déjà dans les prochaines élections

POLITIQUE Satisfecit pour le parti d’extrême droite, qui entend amplifier ses victoires aux élections municipales lors des prochaines échéances électorales, notamment les élections européennes dans deux mois…

Anne-Laëtitia Béraud

— 

La présidente du Front national Marine Le Pen à Nanterre le 30 mars 2014
La présidente du Front national Marine Le Pen à Nanterre le 30 mars 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

A l’issue des élections municipales, le Front national voit ses stratégies de «banalisation» et d’implantation locale confortées. Il s’impose dans neuf villes (Beaucaire, Cogolin, Fréjus, Hayange, Hénin-Beaumont, Le Luc, Le Pontet, Mantes-la-Ville, Villers-Cotterets), dans le 7e secteur de Marseille, et félicite des candidats qu’il a soutenus s’imposer à Béziers et Camaret-sur-Aigues. Le FN obtient également «1.546 conseillers municipaux et 459 élus dans les intercommunalités», selon un communiqué lundi, et s’offre des percées sur des «terres de mission» du grand ouest.

>> Quelles sont les communes dirigées par l’extrême droite? A lire ici

Ces victoires dans le sud et le nord est, mais aussi en grande région parisienne (avec Mantes-la-Ville, dans les Yvelines) restent timides, par rapport au large succès de l’UMP dimanche soir. Mais elles permettent au parti présidé par Marine Le Pen d’initier un maillage, partiel, du territoire. «C’est un réseau précieux. Ce sera la force du Front national dans les élections à venir, on ne gagne pas les élections nationales sans un réseau dense, construit», explique ainsi le vice-président du FN Florian Philippot lundi sur iTélé. En effet, l’implantation locale, qui a toujours fait défaut au parti frontiste, est nécessaire pour concourir aux élections régionales et départementales de 2015.

Mais la pénurie de cadres au FN, invités à suivre des sessions de formation intitulées «Campus Bleu Marine», pourrait peser sur ses ambitions. La formation est d’ailleurs l’un des chantiers prioritaires du parti. «Tout reste à faire», expliquait Louis Aliot à 20 Minutes à Perpignan, peu avant le premier tour. «C’est long car on a recruté beaucoup de gens qui n’avaient jamais fait de politique. C’est une mission essentielle pour l’avenir, toujours freinée par la tenue d’élections. Je pense que Marine Le Pen a pour projet d’en faire plus pour la formation des cadres».

>> Toutes les infos ce lundi, au lendemain des élections, dans notre live du jour

Prochaine étape pour le FN, avec la tenue des élections européennes, le 25 mai. «Le FN va arriver en tête» de ce scrutin, martèle la présidente du FN, qui espère pouvoir enfin monter un groupe parlementaire européen d’extrême droite, avec au moins 25 eurodéputés originaires d’au moins 7 Etats membres de l’Union européenne. L’élection à la représentation proportionnelle pourrait favoriser ses ambitions. «Les Européennes […] peuvent faire du Front national la première force politique française le 25 mai au soir», assure un communiqué du parti ce lundi.

>> Les tops et les flops des élections, c'est par ici