Municipales 2014: Moudenc de retour au Capitole

ELECTIONS La Ville rose est retombée à droite dimanche soir, après une parenthèse de six ans...

Hélène Ménal et Béatrice Colin
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Le nouveau maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, à son arrivée au Capitole, dimanche soir.
Le nouveau maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, à son arrivée au Capitole, dimanche soir. — F. Scheiber/20 Minutes

Il l'avait perdu de 1 209 «petites» voix en 2008. Dimanche, Jean-Luc Moudenc (UMP) a reconquis le Capitole, avec même une victoire plus large que prévue (proche des 52 % à l'heure où nous bouclions). Il gagne son match retour contre le socialiste Pierre Cohen (PS), dont les appels à oublier le contexte national n'ont pas été suffisamment entendus. Avec cette bascule, la Ville rose revient à ses habitudes paradoxales de l'ère Baudis. Elle vote à gauche dans les scrutins nationaux et jette son dévolu sur un homme de centre droit pour la gestion locale.

Déjà maire de 2004 à 2008, à la faveur du départ de Philippe Douste-Blazy au Quai d'Orsay, Jean-Luc Moudenc, 54 ans, va pouvoir, avec cette élection, sur son nom imprimer sa marque.

«Je n'hérite pas d'une charge, je reçois une mission», a-t-il réagi, «ému». «Et je serai le maire de tous les Toulousains», a-t-il immédiatement promis.

Le vainqueur a d'ores déjà prévenu qu'il ne «détricoterait» pas tout le travail de son prédécesseur, mais s'est aussi assigné un programme chargé pour les cent premiers jours de son mandat. La nouvelle équipe compte lancer rapidement un audit sur les finances de la ville, ainsi que le recrutement de plusieurs dizaines de policiers municipaux. L'édile a également prévu de dévoiler vendredi, jour de son élection officielle par le conseil municipal, le nom des vingt nouveaux maires de quartier.

Jean-Luc Moudenc a récemment annoncé que, de retour au Capitole, il ne présiderait pas Tisséo, le syndicat des transports en commun, qui va devoir lancer la troisième ligne de métro promise. Il compte en revanche gérer en direct la politique de la ville dans les quartiers populaires. Pierre Cohen a de son côté assuré depuis longtemps qu'il siégerait dans les rangs de l'opposition.

Enfin, la victoire de Jean-Luc Moudenc est l'assurance pour les électeurs de la troisième circonscription de reprendre très bientôt le chemin des urnes pour une législative partielle. Jean-Luc Moudenc a toujours dit qu'il se consacrerait entièrement à son mandat toulousain. Il est d'ailleurs un des rares députés de droite à avoir voté pour la loi sur le non-cumul des mandats.

Après des surprises au premier tour, les électeurs ont décidé dimanche de conserver leur majorité sortante dans les villes de l'agglo où il y avait des seconds tours. A Blagnac, le sortant Bernard Keller (PRG) remporte le face-à-face qui l'opposait à son ex-premier adjoint Bernard Loumagne, avec 51, 57 % des voix. Ce dernier avait fait alliance avec le candidat soutenu par l'UMP, David Gerson. A Castanet, le maire MoDem Arnaud Lafon entamera ce lundi son troisième mandat. La liste d'union de la gauche de Marc Tondriaux échoue à moins de 100 voix, malgré le maintien du divers-droite Patrice Tournon. A Ramonville, le socialiste sortant Christophe Lubac l'emporte dans une triangulaire où il devait affronter une liste EELV et l'UMP Patrice Brot. A Colomiers, le vert Patrick Jiména, malgré une fusion avec la liste Front de gauche, n'a pas réussi son pari. La socialiste Karine Traval-Michelet, dauphine du maire Bernard Sicard, le devance de près de 200 voix, ainsi que l'UMP Damien Laborde, et conserve la mairie. A Cugnaux, en revanche, le sortant Philippe Guérin (PRG) a été battu par la liste menée par le MoDem Alain Chaléon, qui s'était entendu pour ce second tour avec Michel Aujoulat (UMP).

A 22 h 15, Jean-Luc Moudenc sort tout sourire du QG improvisé de la rue du Languedoc, le cabinet de l'avocat Sacha Briand, l'un de ses colistiers. «Je n'ai jamais été animé par un esprit de revanche […] mais par la conviction que le travail paye toujours», confie-t-il avant de choisir de se rendre à pied au Capitole, attendu par une petite foule de supporters et par l'incontournable manif des intermittents du spectacle. Non, loin de là, rue de Metz, à la permanence du maire sortant, les mines sont déconfites. «Quelle baffe !», s'exclame un militant. Dès 21 h 30 et l'annonce des premières estimations, certains ont décidé de quitter les lieux. Peu après 22 h, le maire sortant arrive, reconnaît sa défaite. «Je suis déçu, déçu de lui laisser cette pépite. Nous avons fait de belles choses. Je pense que le national a joué, il n'y a qu'à regarder partout les résultats», estime le perdant. «On paye clairement la volonté des gens de mettre fin à la politique engagée par le gouvernement. On n'est pas sur un vote d'adhésion pour Jean-Luc Moudenc qui ne fera pas sa seconde rocade et sa troisième ligne de métro. Des Toulousains vont se réveiller avec la gueule de bois», relève son colistier écologiste, Antoine Maurice.