Municipales 2014: Anne Hidalgo tient son Paris malgré une percée de la droite

POLITIQUE La candidate socialiste devient la première maire de la capitale alors que NKM revendique une victoire symbolique dans le 9e arrondissement…

Jerome Comin
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Anne Hidalgo a invité les Parisiens à un grand rassemblement sur le parvis de l'Hôtel de Ville quelques heures après les résultats de dimanche 30 mars 2014.
Anne Hidalgo a invité les Parisiens à un grand rassemblement sur le parvis de l'Hôtel de Ville quelques heures après les résultats de dimanche 30 mars 2014. — MIGUEL MEDINA

Une victoire et quelques questions pour la gauche parisienne. Dimanche soir, à 22h30, Anne Hidalgo peut sourire, souffler, et «écraser quelques larmes», comme l’a confié Jean-Louis Missika, son directeur de campagne. Au terme de près de deux ans de campagne, l’ancienne première adjointe socialiste a réussi son pari en devenant la première maire de la capitale.

NKM largement battue dans le 14e

«Je veux vous dire avec une grande émotion la joie immense de poursuivre une œuvre que Bertrand Delanoë a accomplie, s’est-elle réjouie dimanche soir depuis son local de campagne. Je suis la première femme maire de Paris. Et j’ai conscience du défi que cela représente. Je serai LA maire qui ne triche jamais ni avec ses colères ni avec son honneur. Merci à toutes et à tous vive Paris.»

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En conservant les 12e et 14e, arrondissements clés pour la conquête de l’Hôtel de ville, le PS s’est ainsi assuré de garder la Mairie de Paris. Dans le 14e, où elle se présentait, Nathalie Kosciusko-Morizet n’aura pas réussi à faire mentir les sondages qui l’annonçaient battue depuis plusieurs semaines. Elle arrive ainsi avec 45,9 % des voix derrière la candidate socialiste Carine Petit (54,1 %). Et sur l’ensemble de la capitale, NKM ne renouvelle pas le joli coup réalisé au soir du premier tour, puisqu’elle finit avec 45,7 % des voix loin derrière Anne Hidalgo (54,3 %).

Un goût d’inachevé pour Hidalgo

Mais ce succès, célébré avec ses militants dans son QG de campagne, garde tout de même un goût d’inachevé pour la candidate socialiste en raison de quelques mauvaises nouvelles issues des urnes au soir de ce second tour. Le premier couac est arrivé du 5e arrondissement. Fief du clan Tiberi depuis plus de trente ans, la gauche nourrissait de sérieux espoirs sur cette mairie. Mais Marie-Christine Lemardelay (48,70 %) a été devancée par l’UMP Florence Berthout (51,30 %) qui a profité au maximum de la fusion de sa liste avec celle de l’ex-dissident Dominique Tiberi.

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Autre point noir pour la gauche parisienne, la perte du 9e arrondissement. Avec 50,26 % des voix, Delphine Bürkli devance Pauline Véron (49,64 %), soit moins de 159 voix d’écart. Pas de quoi se réjouir complètement pour la droite parisienne car elle est peut-être passée à quelques voix de remporter le 4e arrondissement, resté incertain jusqu’au bout de la nuit (lire l’encadré).

«Nous aurons d’autres combats ensemble», martèle NKM

«Nous progressons en nombre de voix et en termes de conseillers de Paris où la gauche ne bénéficie plus que d’une majorité relative, a affirmé NKM devant ses militants. Je n’oublierai jamais ce que nous avons vécu ensemble et nous aurons d’autres combats ensemble.» 

 

NKM dimanche 30 mars 2014 devant ses militants. - A. Gelebart

 

 

«Il n’y a pas de résignation, nous pouvons et nous gagnerons un jour Paris mais nous tirerons ensemble les leçons de cet échec-là, a réagi dimanche soir l’un des porte-paroles de NKM, Pierre-Yves Bournazel sur France 3. Et à partir de cet échec-là, nous pouvons reconstruire.»

PS et UMP revendiquent la victoire dans le 4e arrondissement

Même s’il ne fait pas partie des arrondissements clés pour remporter la Mairie de Paris, le 4e arrondissement a fait l’objet de toutes les attentions dimanche soir. Au sortir d’un second tour plus que serré entre l’UMP Vincent Roger et le PS Christophe Girard, environ 50 voix séparaient les deux candidats à l’heure où nous bouclions ces lignes. Les deux camps ont demandé à faire un nouveau décompte.