Municipales 2014: Lourd revers pour la gauche, l’UMP jouit d’une «vague bleue»

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-François Copé, président de l'UMP, le 30 mars au siège de l'UMP à Paris.
Jean-François Copé, président de l'UMP, le 30 mars au siège de l'UMP à Paris. — WITT/SIPA

Ce second tour des municipales aura confirmé le premier, marqué par une abstention historique, estimée à 38%. Alors que la gauche se voit infliger un lourd revers, la droite et ses alliés centristes s’imposent dans de nombreuses villes moyennes. Le Front national s’offre quant à lui une percée, en gagnant une dizaine de communes du sud est et du nord de la France, mais aussi en grande région parisienne avec Mantes-la-Ville (Yvelines).

Peu après les résultats, le président de l’UMP Jean-François Copé s’est félicité d’une «vague bleue», avec le basculement à droite d’une centaine de villes de plus de 10.000 habitants. Parmi les villes symboles, les prises de Toulouse, Reims, Roubaix, Tourcoing, Angers, Limoges, Amiens, Laval, Belfort, Chambéry ou encore Quimper, où un proche de François Hollande, Bernard Poignant, se fait largement battre après trois mandats. Marseille reste, sans surprise, à droite avec la réélection du sénateur-maire Jean-Claude Gaudin. Quant aux alliés centristes, ils s’enorgueillissent des prises de Laval, et de Pau, où François Bayrou a été élu avec près de 63% des voix.

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A gauche, le «message est clair», concède le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ces élections «ont été marquées par la désaffection significative de celles et ceux qui nous ont fait confiance en mai et juin 2012», cède-t-il. «C’est une défaite locale et nationale pour la gauche et le gouvernement», souligne le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui a affirmé que 155 villes de plus de 9.000 habitants ont été perdues par la gauche. Au sommet de l’Etat, l’on pense déjà au rebond post-électoral, avec de prochaines annonces sur la fiscalité des ménages et le pacte de responsabilité, mais aussi avec un remaniement gouvernemental qui pourrait dès le début de la semaine.

Seules consolations: le PS remporte à l’issue de triangulaires avec l’UMP et le FN Avignon (Vaucluse) et Forbach (Moselle). Il réussit aussi à conserver Paris, avec la victoire d’Anne Hidalgo, mais aussi Strasbourg, Lyon et Lille avec la réélection de Martine Aubry.

Parmi les alliés de la gauche, la déception est aussi de mise. Les écologistes s’imposent à Grenoble, mais perd Montreuil, passée aux mains du jeune Front de Gauche Patrice Bessac. Des communistes qui perdent Villejuif, Saint-Ouen, Le Blanc-Mesnil ou encore Bobigny face à l’UDI, mais récupèrent Aubervilliers au PS.

Après Hénin-Beaumont au premier tour, le Front national crie victoire avec la conquête d’une dizaine de villes, dont Fréjus (Var) et Béziers (Hérault). Mais les vice-présidents du parti Louis Aliot et Florian Philippot échouent à renverser Perpignan (Pyrénées-Orientales) et Forbach (Moselle). Echec également pour le député du Rassemblement Bleu marine Gilbert Collard à Saint-Gilles (Gard) face à l'UMP Eddy Valadier, mais qui a annoncé dans la soirée un recours.

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Marine Le Pen s’est néanmoins félicitée de ces scores, affirmant: «Il a 1.200 ou 1.300 conseillers municipaux élus. C'est une dizaine de villes qui vont permettre au FN de démontrer ce que nous sommes capables de faire, c'est un objectif totalement rempli». Avant de promettre de nouvelles victoires pour les élections européennes, le 25 mai.

Le FN réussit ce dimanche à acquérir plus de municipalités qu’il n’a pu en gagner à la fin des années 1990 (Orange, Toulon, Marignane, Vitrolles). Il élargit également sa base électorale, avec un enracinement dans le nord et le sud est, et une poussée inédite dans le grand ouest et le centre.