Municipales 2014: L’exécutif appelé à réagir (très) rapidement

POLITIQUE Alors que le nom de Manuel Valls est avancé pour remplacer Jean-Marc Ayrault à Matignon, des membres de la majorité préfèreraient une inflexion de la ligne gouvernementale…

Enora Ollivier
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François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le 27 mars 2014.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le 27 mars 2014. — WITT/ REVELLI BEAUMONT/SIPA

Après les résultats calamiteux du premier tour des municipales, la majorité espérait bien limiter la casse. Alors que le manque de mobilisation de l’électorat de gauche avait été flagrant le 23 mars, l’espoir de l’exécutif se résumait en quatre syllabes: «mobilisation». Las! Le second tour confirme l’ampleur du revers qui se dessinait.

Le résultat impose plus que jamais aux autorités une réaction. François Hollande et Jean-Marc Ayrault l’ont eux-mêmes reconnu dans la semaine: il faut écouter le «message» des Français. Et, dans une déclaration empreinte de gravité, Jean-Marc Ayrault a pointé dimanche «une responsabilité collective» dans l’échec des municipales, dans lequel il a dit «prendre toute (sa) part». Le Premier ministre a prôné une «majorité soudée et rassemblée» et a indiqué que «le Président de la République en tirera les conséquences».

Tout le week-end, le chef de l’Etat a consulté en vue du remaniement: sont venus à l’Elysée – entre autres — Cécile Duflot, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon. Ce dernier a d’ailleurs évoqué auprès de plusieurs journalistes ce dimanche un remaniement dès lundi.

«Le problème est politique»

Le Président voudrait agir rapidement. Reste à savoir comment, et avec qui. Jean-Marc Ayrault va-t-il rester Premier ministre? Dans le cas contraire, qui le remplacera? Si le nom de Manuel Valls est avancé, le ministre de l’Intérieur ne fait pas l’unanimité, notamment chez les Verts. Cette semaine, Cécile Duflot a fait savoir qu’elle ne resterait pas dans un gouvernement dirigé par Valls, et ce pour une «question de politique». Or il va être difficile de se séparer des écologistes, qui ont réalisé un bon score au premier tour.

Dès dimanche, des figures de l’aile gauche du PS ont mis leur petit grain de sel en publiant une tribune réclamant un «sursaut» et un «changement de cap» de la part de Hollande. Une position peu compatible avec un Valls à Matignon… Selon les parlementaires Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, «le problème n’est pas «méthodologique», il est politique». «Le sujet central […] est le refus de l’austérité», continuent-ils, estimant que «le pacte de responsabilité est mort-né». Le député Laurent Baumel a même appelé sur Twitter à la «rébellion parlementaire». L’élu de l’Indre-et-Loire conditionne désormais le vote de la confiance au prochain gouvernement à une «réorientation».