Municipales 2014: Pour Pierre Cohen (PS), «l'enjeu, c'est Toulouse !»

INTERVIEW Le maire sortant, veut recentrer le débat sur la Ville rose...

Recueilli par Hélène Ménal

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En 2008, avec les mêmes alliances Pierre Cohen avait gagné avec 50, 42 %.
En 2008, avec les mêmes alliances Pierre Cohen avait gagné avec 50, 42 %. — F. Scheiber/20 Minutes

Arrivé deuxième du 1er tour avec 32, 26 % des voix, Pierre Cohen (PS), le maire sortant , doit faire le plein des voix à gauche pour espérer conserver son fauteuil.

Quel est votre état d'esprit?

Assez serein, confiant, très mobilisé. Cette vague bleue qui a touché toute la France, on l'a ressentie aussi à Toulouse. Mon concurrent a 2 ou 3 points d'avance de plus que prévu mais globalement la droite, qui n'est pas réellement en capacité de gagner seule, a besoin du seul réservoir qui reste, c'est-à-dire les voix du Front national. Dès lundi, nous avons naturellement trouvé un accord avec Europe Ecologie–Les Verts. La campagne ressemble à celle d'il y a six ans, mais avec encore davantage de crédibilité et un projet plus ambitieux.

N'y a-t-il pas un risque à fermer la porte à Jean-Christophe Sellin (Front de gauche) qui a fait 5, 1%?

Je suis dans une dynamique politique, celle qui a fait avancer Toulouse pendant six ans et l'a transformée. Les électeurs du Parti de gauche veulent un retour en régie de l'eau, tout de suite. Moi, je m'engage à le faire dans les six ans, gratuitement pour le contribuable, c'est-à-dire sans prendre le risque de payer un contentieux. En face, Jean-Luc Moudenc va re-privatiser pour 20 ans.

Comment comptez-vous récupérer les voix éparpillées à gauche?

Maintenant l'enjeu, c'est Toulouse! Et le choix est entre deux projets. En face, nous avons quelqu'un d'assez réactionnaire, plutôt revanchard, qui a agrégé les anti et dont les projets ne sont ni réalisables, ni pertinents.

Comment comptez-vous mobiliser les abstentionnistes?

Après analyse des bureaux de vote, nous allons mieux cibler nos tractages et notre porte à porte, en leur disant : oubliez un peu le message que vous avez voulu faire passer contre la politique nationale. Et regardez plutôt notre politique du logement, avec une spéculation foncière que nous avons régulée, celle en faveur des plus démunis que je ne stigmatise pas. Et rappelez-vous des Centres de loisirs associés à l'école (Clae) qui n'étaient que des garderies. Sans parler des écoles dégradées. Il a fallu rogner sur l'épargne si chère à Jean-Luc Moudenc pour les rendre à nouveau dignes. Ce que mon concurrent propose, c'est un véritable retour en arrière, une politique libérale, une vision de Toulouse refermée sur elle-même.

Vous prévoyez un dernier meeting?

Plutôt un moment de convivialité, où des gens feront passer des messages. Ce sera ce jeudi soir, à 19 h 30, à la Halle aux grains.