Municipales 2014: Jean-Luc Moudenc veut «transformer l'essai» à Toulouse

INTERVIEW Le candidat de la droite part à la chasse aux voix dans la Ville rose...

Propos recueillis par Béatrice Colin

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Le leader de la liste UMP-MoDem-UDI compte sur les abstentionnistes.
Le leader de la liste UMP-MoDem-UDI compte sur les abstentionnistes. — F. Scheiber/20 Minutes

Le candidat UMP-MoDem-UDI a réuni 38, 20 % des voix au premier tour. Dimanche, Jean-Luc Moudenc espère recueillir celles des déçus de Pierre Cohen, de tous bords politiques.

 

Dans quel état d'esprit êtes-vous?

On a marqué l'essai, maintenant il faut le transformer. Je suis heureux qu'on soit en tête, au-delà de ce qui était prévu. Mais rien n'est fait. Il faut aller chercher pas mal d'abstentionnistes et rassembler tous les Toulousains qui se sont exprimés pour dire qu'ils voulaient changer de maire.

 

Vous pensez avoir des réserves?

Dimanche, j'ai réuni 49.000 voix. Il y a six ans, dans un contexte politique défavorable, j'en ai recueilli 72 000 au second tour, cela veut dire au moins 23 000 voix de réserve.

 

Celles de ceux qui ont voté FN aussi?

Qui ont voté FN, qui ont voté Front de gauche ou Verts. J'ai déjà des militants écologistes qui m'ont appelé pour me dire : «Ils ont fait un accord, sachez que nous ne sommes pas d'accord et qu'on sera avec vous.» Il y a aussi ceux qui ont voté pour Mmes Belaubre, de Veyrac ou Mrs Plancade et Chouki. Je vais en prendre partout.

 

La somme des voix de gauche atteint 51,19%. Mathématiquement, vous êtes perdant…

Cela suppose qu'il y ait un accord parfait. 51,19%, ce sont sept listes, sept familles, or Pierre Cohen a un accord avec une seule. Il n'a pas un accord général, il tient un langage trompeur.

 

Quelle est votre stratégie d'entre-deux-tours?

Mes équipes ont fait les relevés des abstentionnistes pour identifier là où on a des ressources. On a un document prêt, que l'on distribue à 260.000 exemplaires. J'y rappelle mes principales mesures et en quoi elles peuvent fédérer des électorats différents.

 

Ce n'est pas difficile de faire le grand écart pour parler aux électeurs de droite comme de gauche?

Je ne fais pas le grand écart, je réaffirme simplement mes priorités, au-delà des accords politiques. Pierre Cohen est dans une logique d'appareils, qui exclut certaines sensibilités de gauche. Moi, je suis dans une démarche de lien direct avec les Toulousains.

 

Qu'est-ce qui vous fait penser que c'est possible?

Depuis treize mois, les Toulousains ont été abreuvés de sondages qui leur ont tous dit que M. Cohen allait être réélu. Une partie de notre électorat a été découragée et n'est pas allée voter dimanche. Là, elle se réveille. On sent bien que la dynamique est en train de passer à la vitesse supérieure car, comme je suis en tête, la victoire est possible.