Municipales 2014: Les erreurs que ne refera pas le Front national dans les villes conquises dimanche prochain

POLITIQUE Le parti assure avoir tiré les leçons des erreurs commises dans les villes qu’il dirigeait à la fin des années 1990…

Anne-Laëtitia Béraud

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Louis Aliot, candidat du Front National à la mairie de Perpignan le 3 mars 2014.
Louis Aliot, candidat du Front National à la mairie de Perpignan le 3 mars 2014. — Alain ROBERT/Apercu/SIPA

Alors que le Front national a remporté au premier tour des élections municipales la mairie d’Hénin-Beaumont et s’est placé en tête dans une vingtaine communes, le parti d’extrême droite pourrait remporter de nouvelles villes dimanche prochain, telles Béziers, Fréjus, ou encore Saint-Gilles. Son espoir est de gagner plus que les quatre mairies détenues en 1997 (Toulon, Orange, Marignane et Vitrolles).

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Et pour cela, il assure avoir tiré les leçons des erreurs commises dans ces anciennes villes FN, marquées notamment par les affaires à Marignane avec Daniel Simonpiéri, ou encore des comptes plombés à Toulon et à Vitrolles avec Jean-Marie Le Chevallier et le couple Mégret. Des élus frontistes qui avaient d’ailleurs vu leur application de la «préférence nationale», soit l’octroi d’une prime de 5.000 francs «aux enfants français nés de parents européens», annulée par la justice.

«On n'a pas besoin de faire de la résistance d’arrière garde»

«Je ne suis pas un Jean-Marie Le Chevallier», avertit, quelques jours avant le premier tour, Louis Aliot, vice-président du FN et candidat à Perpignan. Pour se démarquer de cet ancien élu FN aux multiples condamnations judiciaires, Louis Aliot estime que Jean-Marie Le Chevallier est un personnage «au caractère fantasque».

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Quant à la «préférence nationale», Louis Aliot juge que «c’est une perte de temps». «Bruno Mégret était un idéologue absolument rigide. (…) Ces histoires de préférence nationale, cela ne peut pas être appliqué par le maire, donc on ne va pas s’acharner à tenter des choses inapplicables. C’est de la perte de temps. On n'a pas besoin de faire de la résistance d’arrière garde», lance-t-il.

A Perpignan, Louis Aliot appliquera-t-il ou non à la lettre le programme national du FN? L’élu préfère parler de domaine de compétences propres au maire, qui ne peut aller «à l’encontre de la loi». Louis Aliot, qui assure «ne pas avoir la flamme au front», explique voir large dans la constitution de ces équipes. «J’ai commencé à prendre des contacts pour mon cabinet du maire avec des gens compétents. Je serai prêt si les Perpignagnais me font confiance, dès le lendemain de l’élection.»