Municipales 2014: A Toulouse, Jean-Luc Moudenc veut «transformer l'essai»

MUNICIPALES Le candidat UMP-MoDem-UDI est arrivé en tête au premier tour et espère retrouver son siège perdu en 2008…

Propos recueillis par Béatrice Colin

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Jean-Luc Moudenc, candidat UMP.
Jean-Luc Moudenc, candidat UMP. — F. Scheiber/20 Minutes

Le candidat de la droite a réuni 38,20 % des voix au premier tour. Il espère capter celles des abstentionnistes et des déçus de Pierre Cohen, quel que soit leur bord politique.

Quel est votre sentiment après ce premier tour?

On a marqué l’essai, maintenant il faut le transformer. Je suis heureux qu’on soit en tête, au-delà de ce qui était prévu. Mais rien n’est fait, rien n’est joué. Il faut aller chercher pas mal d’abstentionnistes et rassembler tous les Toulousains qui se sont exprimés pour dire qu’ils voulaient changer de maire.

Vous arrivez en tête au premier tour, mais en 2008 vous étiez aussi en tête et vous avez perdu…

Ça n’a rien à voir. Il faut comparer ce qui est comparable. Le maire sortant en 2008 était en tête au premier tour avec 42,6. En réalité, j’avais 10 points de plus que Cohen n’en a aujourd’hui.

Vous pensez avoir des réserves de voix?

J’en ai pour une raison très simple. Dimanche j’ai réuni 49.000 voix. Il y a six ans dans un contexte politique défavorable, j’en ai recueilli 72.000 au second tour, cela veut dire au moins 23.000 voix de réserve.

Et celles des électeurs qui ont voté FN aussi?

Qui ont voté FN, qui ont voté Front de gauche, qui ont voté Verts. J’ai déjà des militants écologistes qui m’ont appelé pour me dire «Ils vont faire un accord sachez que nous ne sommes pas d’accord et qu’on sera avec vous». Il y a aussi ceux qui ont voté pour Mme Belaubre, M. Plancade, Mme de Veyrac ou Ahmed Chouki. En réalité je vais en prendre partout.

Quand on fait la somme des voix de gauche, on arrive à 51,19%. Mathématiquement vous êtes perdant…

Cela suppose qu’il y ait un accord parfait. 51,19% ce sont sept listes, sept familles or Pierre Cohen va avoir un accord avec une seule famille. Il n’aura pas un accord général, il tient un langage trompeur.

Les bureaux qui votent habituellement à droite se sont rendus aux urnes. Quelle stratégie pour cet entre-deux-tours?

Mes équipes ont fait les relevés des abstentionnistes pour identifier là où on a des ressources. On a un document déjà prêt, que l’on va distribuer à 260.000 exemplaires. J’y rappelle mes principales mesures et en quoi elles peuvent fédérer des électorats différents.

Ce n’est pas difficile de faire ce grand écart et de parler aussi bien aux électeurs de la droite dure qu’à ceux de la gauche?

Je ne fais pas le grand écart, je réaffirme simplement mes priorités, au-delà des accords politiques. Pierre Cohen et moi, nous sommes dans deux logiques différentes. D’un côté dans une logique partisane, d’appareils, qui exclue certaines sensibilités de gauche. Et moi, qui suis dans une démarche de lien direct avec les Toulousains, par-delà les étiquettes, sur des priorités municipales.

Pourquoi ne pas faire de meeting? Allez-vous recevoir des soutiens nationaux?

Non, que du contact avec les Toulousains. On fait ça à 100%.

Qu’est ce qui vous fait penser que c’est possible?

Depuis 13 mois les Toulousains ont été abreuvés de huit sondages qui tous leur ont dit M. Cohen va être réélu de toute façon. Une partie de notre électorat a été découragée et n’est pas allée voter dimanche. Ces électeurs-là se réveillent. On sent bien que la dynamique est en train de passer à la vitesse supérieure car, comme je suis en tête, la victoire est possible. Or une dynamique ça ne s’arrête pas.

Vous êtes toujours président de l’UMP 31. Quel regard portez-vous sur les résultats dans l’agglo?

Des villes ont basculé: Saint-Orens, Balma, Flourens, Fenouillet, Seilh, Lacroix-Falgarde, Montgiscard, Montastruc. Pour le moment on n’a rien perdu.