Municipales 2014: Michel Havard: «Je n’imagine pas que les Lyonnais souhaitent être les bons élèves du gouvernement»

POLITIQUE Le candidat UMP espère toujours gagner la mairie...

Propos recueillis par Caroline Girardon

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Michel Havard désigné pour  défier Collomb en 2014.
Michel Havard désigné pour défier Collomb en 2014. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Michel Havard, candidat UMP à la mairie de Lyon, est arrivé en deuxième position dimanche soir (30,5%), à cinq points du maire sortant PS. Outsider face à Gérard Collomb, il devra composer avec la présence du Front national au second tour.

Comment analysez-vous les résultats de dimanche soir?

Le score de Gérard Collomb (35,76%) est à la fois une sanction nationale puisque les Lyonnais ne sont pas trompés et qu’ils ont bien reconnu qu’il était le représentant du parti socialiste à Lyon, et en même temps une sanction locale. Deux Lyonnais sur trois n’ont pas souhaité au premier tour qu’il soit le prochain maire. Je pense que c’est aussi une sanction locale liée à son deuxième mandat dans lequel il s’est éloigné du quotidien des Lyonnais.

En même temps, vous n’avez pas réalisé les scores espérés dans les 3e et 5e arrondissements de Lyon… Est-ce une déception?

Oui, c’est toujours une déception.  Mais on s’est vite rendu compte que l’électorat de gauche ne venait pas voter, comme l’électorat de la droite et du centre. L’abstention a été très forte à Lyon, beaucoup plus que la moyenne nationale. C’est une déception de ne pas avoir réussi à convaincre les électeurs de se mobiliser. Mais c’est en même temps l’enjeu de cette semaine.

Comment analysez-vous la percée du FN sur Lyon?

C’est une augmentation très liée à l’abstention car en nombre de voix par rapport à 2008, la progression n’est pas aussi importante que ça. Maintenant, j’entends que c’est un signal qu’envoient les électeurs. Le vote pour les extrêmes est souvent un vote de colère, de crainte ou d’insatisfaction. Il faut savoir l’entendre. Les scores du FN vont conduire à avoir des triangulaires dans six arrondissements.

Des triangulaires qui risquent d’ailleurs de vous handicaper…

Bien sûr. Le FN permet souvent l’élection du PS. Mais là aussi, c’est une question de responsabilité que doivent prendre les électeurs. Je ne changerai pas ma stratégie. Je veux  convaincre que le temps du renouveau est venu. Que nous ne devons pas confier la ville à une majorité composée de Verts et de socialistes qui ne sont d’accord sur rien et qui vont figer l’ensemble des projets pour les six années à venir. Je veux convaincre les Lyonnais qu’ils doivent envoyer un message au niveau national. Je n’imagine pas qu’ils souhaitent être les bons élèves du gouvernement et recevoir le satisfecit de Jean-Marc Ayrault le 30 mars prochain.

Votre réservoir de voix est peu important. Sur quoi misez-vous dimanche prochain pour être élu?

Le réservoir de voix est très important et il est chez les abstentionnistes. Ce sont eux qui vont par leur mobilisation ou pas, être la clé du deuxième tour. Leur mobilisation doit faire en sorte qu’il ne faut pas laisser la ville à la majorité socialiste et verte qui est entrain de se construire.

Gérard Collomb est ballottage favorable. Pensez-vous vraiment que vous pouvez renverser la tendance?

Je pense que je peux renverser la tendance. Il faut toujours être optimiste. On a souvent vu des  choses pronostiquées qui ne se sont jamais produites. Donc, je ne me pose pas de question, j’essaie d’avancer. Et surtout, je ne change pas ma stratégie.