1er tour des municipales: «Les Avignonnais sont dans le brouillard» réagit un internaute du Vaucluse

TÉMOIGNAGE Patrick*, commerçant avignonnais de 30 ans, réagit au score du FN dans sa ville…

Christine Laemmel

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Philippe Lottiaux face aux journalistes le soir du 23 mars 2014
Philippe Lottiaux face aux journalistes le soir du 23 mars 2014 — AFP

Le Rassemblement Bleu Marine à 29%, le PS sur ses talons, l’UMP dans les choux. A Avignon, le parti d’extrême droite a pris la tête du premier round des municipales. Comme à Orange et Bollène (Vaucluse), Beaucaire (Gard) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). Cinq villes à moins de 50km les unes des autres, qui ont choisi de miser sur le FN. Pourquoi? L’avis de Patrick, commerçant à Avignon.

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«On ne se sent plus chez nous»

«On est assez grandes gueules, concède Patrick, mais réduire les villes du sud à des bastions du FN, non.» Si les votes peuvent être assez «contestataires» dans la région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, le commerçant cite autant la tendance très à gauche que celle d’extrême droite. «Les gens sont en colère, explique-t-il. Ils sont déboussolés et dans le brouillard.» Mêlant «une pauvreté assez importante», une «saisonnalité de la vie économique» et une forte «communauté maghrébine», Patrick évoque la «peur» qui irradie les clients de son commerce. «J’entends des gens dire "on ne se sent plus chez nous", rapporte cet internaute, on ne sait plus vraiment où on en est.»

«Le FN et le Festival d’Avignon sont incompatibles»

Quant à la possibilité que Philippe Lottiaux, le candidat FN, prenne les rênes de la mairie, Patrick en doute, mais s’inquiète. Lui qui se dit «patriotique mais pas nationaliste» ne voit dans ce score qu’une «contestation qui n’a aucun sens». «On a vu les ratages complets à Orange ou Vitrolles, juge-t-il. Avignon est une ville d’ouverture, on ne peut pas se fermer comme ça, ça ne nous enrichira pas.» Il redoute même la fuite des touristes. Ce qui pourrait s’avérer dramatique. Surtout si Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, maintenait sa menace de quitter la ville, le Festival sous le bras si le FN gagnait la mairie. «Les deux sont totalement incompatibles, appuie Patrick.Il faudrait s’attendre au moins à des pertes de subventions. Pour moi, le FN n’est pas un parti démocratique, ce ne serait pas un climat propice à un festival de culture.» 

*Le prénom a été modifié