Municipales 2014: Après le premier tour, l'UMP se réjouit mais reste prudente

POLITIQUE A la direction nationale comme sur le terrain, les membres de l’UMP restent prudents sur les bons résultats du premier tour des élections…

Anne-Laëtitia Béraud
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Le président de l'UMP Jean-François Copé fait une déclaration à la presse au siège du parti, à Paris, le 3 mars 2014
Le président de l'UMP Jean-François Copé fait une déclaration à la presse au siège du parti, à Paris, le 3 mars 2014 — Thomas Samson AFP

«Nous n’allons pas être trop optimistes. Cela démotiverait nos électeurs qui n’iraient plus aux urnes dimanche prochain.» Au siège de l’UMP dimanche soir, le vice-président du parti Roger Karoutchi reste prudent face aux résultats favorables à l’UMP à l’issue du premier tour des municipales. Une précaution exprimée, mais le sénateur des Hauts-de-Seine affiche un large sourire en critiquant «une gauche balayée, qui n’a même pas su mobiliser ses électeurs».

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A l’UMP, les motifs de se réjouir après ce premier tour de scrutin sont nombreux. Les villes de Toulouse, Strasbourg, Amiens, Laval ou Reims, passées à gauche en 2008, sont en ballottage favorable pour la droite. La droite enregistre une poussée en Ile-de-France, dépasse en nombre de voix la gauche à Paris, survole le scrutin à Marseille alors que des sondages y annonçaient un coude-à-coude PS-UMP. Certains ténors de l’UMP s’offrent même des plébiscites locaux, avec les réélections dès le premier tour de Jean-François Copé à Meaux, Alain Juppé à Bordeaux, Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay, Xavier Bertrand à Saint-Quentin ou encore François Baroin à Troyes.

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Et même dans des territoires acquis à la gauche, dans le grand ouest, les socialistes perdent du terrain. Niort, la ville des mutuelles, a basculé dimanche soir à droite après avoir été dirigée pendant soixante ans par la gauche. Saintes et Rochefort (Charente-Maritime), tout comme Angoulême (Charente) pourraient revenir à la droite. Dans le bastion socialiste Poitiers (Vienne), la liste du député-maire PS sortant Alain Claeys se retrouve pour la première fois en difficulté, avec l’hypothèse d’une pentagulaire (le maintien de cinq listes au second tour). «Même à Poitiers, que les socialistes dirigent depuis 37 ans, Alain Claeys perd 20 points par rapport à 2008», commente la candidate UMP-UDI Jacqueline Daigre, qui espère ravir la ville grâce à une alliance avec un centriste. Avant de s’alarmer: «Mais aujourd’hui à Poitiers, on a aussi du Front national à 12 %». Une situation à mettre en parallèle avec les deux dernières municipales. En 2001 et 2008, le FN n’avait pas présenté de candidat dans la cité pictave.

Mais que ce soit en régions ou à la direction nationale de l’UMP, tous refusent de céder à un quelconque «triomphalisme», comme le précise le secrétaire général adjoint du parti Geoffroy Didier. Depuis dimanche soir, les communiqués du parti ressassent des éléments de langage sur «la transformation de l’essai dimanche» ou encore «le carton rouge à adresser au gouvernement» lors du prochain scrutin. Des métaphores sportives qui appellent, sans exception, à la poursuite de la mobilisation.