Pourquoi la Communauté urbaine de Bordeaux a déjà basculé à droite

MUNICIPALES Avec déjà 52 sièges acquis à l'issue du premier tour des élections municipales, la droite sera majoritaire dimanche soir à la communauté urbaine de Bordeaux...

Mickaël Bosredon

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La salle du conseil de communauté urbaine de Bordeaux
La salle du conseil de communauté urbaine de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

Le séisme politique que n’envisageait pas la gauche s’est produit. En abandonnant quatre villes à la droite (Artigues, Le Taillan-Médoc, Ambès et Carbon Blanc) et en s’inclinant dans de larges proportions à Bordeaux dimanche soir, elle perd du même coup sa majorité à la Communauté urbaine de Bordeaux. «C’est en effet plié, confirme le politologue Jean Petaux, enseignant à Sciences-Po Bordeaux: sur 105 sièges à pourvoir à la communauté urbaine, 52 sont d’ores et déjà acquis à la droite, 25 à la gauche, et 1 au FN. Sur les vingt-huit communes de la CUB, six sont concernées par le deuxième tour, à savoir Ambarès, Floirac, Parempuyre, Saint-Médard-en-Jalles, Mérignac et Pessac, ce qui laisse encore 27 sièges à pourvoir au conseil de communauté. Je pense que cinq d’entre elles resteront à gauche, même si ce sera très serré à Pessac, et que Saint-Médard va basculer à droite.»

«Une claque pour la gauche»

Quand bien même la gauche conserverait ces six villes,le groupe Communauté d’Avenir (UMP-UDI-MoDem) est quasiment certain de remporter au moins cinq sièges supplémentaires à l’issue de ce deuxième tour. «A Mérignac par exemple, il y a dix sièges à pourvoir, je pense que la gauche en emportera sept, la droite deux et le FN un, et à Pessac la gauche devrait en emporter six sur huit.»

Mais si Saint-Médard bascule bien à droite dimanche prochain, «on se dirigera très vraisemblablement vers une CUB à 44 sièges pour la gauche, 59 pour la droite, et deux pour le FN» analyse le politologue. «C’est une vraie claque pour la gauche, qui n’avait jamais envisagé ce scénario», assure-t-il.

Si Jean Petaux n’a pas été étonné par l’ampleur du score d’Alain Juppé à Bordeaux (60,95%), il l'a été «comme tout le monde, par la défaite de Ludovic Freygefond (PS) au Taillan-Médoc, et par celle de Nicolas Madrelle à Carbon-Blanc, même si, finalement, il y avait des contextes locaux dans ces deux villes défavorables aux sortants.»