1er tour des élections municipales: Une abstention record et une gifle pour la majorité

ANALYSE Les candidats FN réussissent des percées historiques...

Maud Pierron
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Les électeurs sont appelés aux urnes, pour le premier tour des élections législatives.
Les électeurs sont appelés aux urnes, pour le premier tour des élections législatives. — POL EMILE/SIPA

Avec une abstention record, estimée à 22 heures autour de 36%, la claque est sévère pour l’ensemble de la classe politique. «Cette hausse de l'abstention reflète un désenchantement à l'égard de la classe politique qui n'est plus jugée à même de peser sur le court des choses», juge Frédéric Dabi de l'institut IFOP.

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Une gifle sévère pour la majorité

Mais la gifle est surtout cinglante pour la majorité, encore plus que celle qui était redoutée il y a encore quelques jours. Symbolique aussi, avec la déroute du candidat socialiste Patrick Mennucci à Marseille, qui arrive en troisième position, derrière le candidat FN Stéphane Ravier et l'UMP Jean-Claude Gaudin, alors même que le PS croyait la ville gagnable. A Paris, même si cela ne devrait pas fondamentalement changer le résultat au second tour, les listes de NKM arrivent légèrement en tête devant celles de Anne Hidalgo. A Niort, gérée depuis 60 ans par la gauche, l'UMP a remporté la ville dès le premier tour. Et la gauche risque aussi de perdre Amiens, Angers, Reims, Belfort, Laval et Saint-Etienne. Benoît Hamon a jugé que «sans doute» les électeurs de gauche s'étaient abstenus, plus que les autres, «parce que mécontents».

Le FN pourrait se maintenir dans 200 villes

A l’UMP, on recommence à croire à la possibilité d’une vague bleue lors du second tour. Jean-François Copé, le patron de l’UMP, réélu au premier tour à Meaux (Seine-et-Marne), a estimé dimanche soir que «les conditions d’une grande victoire sont réunies pour le second tour». « La France est devenue bleue, à part quelques exceptions où le FN est en tête», a jubilé en fin de soirée l'UMP Christian Jacob. Mais celle qui revendique déjà la victoire au soir du premier tour, c’est Marine Le Pen, qui a parlé de «cru exceptionnel» et jugé que ces résultats actaient «la fin de la bipolarisation de la vie politique». Car Hénin-Beaumont est tombée dès le premier tour dans l’escarcelle du FN. A Béziers, Perpignan, Fréjus et Forbach, le FN est également en tête. Le parti frontiste pourrait être en mesure de se maintenir dans 200 villes alors qu’il a présenté moins de 600 listes.

Le PS et l'UMP s'adressent aux électeurs FN

C’est probablement là que se situera la clé du second tour: que vont faire les électeurs du FN? Comment vont se comporter les candidats UMP sur le terrain vis-à-vis de leurs concurrents FN? Le président de l'UMP Jean-François Copé a d'emblée jugé «capital» que les électeurs frontistes «reportent leur voix» sur l'UMP au second tour tandis que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a appelé «les forces démocratiques et républicaines» à faire barrage au FN. Marine Le Pen a d'ores et déjà indiqué que ses candidats se maintiendraient «partout où nous en avons la possibilité» mais annonce déjà qu'il y aura quelques dérogations  car la direction pourra «décider d'exceptionnels accords de second tour dans quelques villes». D'après un sondage Ifop-SAS pour 20 Minutes et I-Télé, 51% des électeurs du FN souhaitent une victoire du FN. «C'est un vote protestataire qui penche majoritairement à droite, donc c'est plutôt positif pour l'UMP pour le second tour», constate François Kraus, directeur d'études à l'Ifop.Pour la gauche, tout l'enjeu sera de parvenir à mobiliser son électorat d'ici le second tour. 

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